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Chapitre
49 — L'histoire
du contrôle
(Article
d'Alain Pilote, paru dans Vers Demain de juillet-août 1985.) La
dictature des banquiers et leur système d'argent-dette ne se limite pas
seulement au Canada, mais s'étend dans tous les pays du monde. En effet,
il suffirait qu'un seul pays se libère de cette dictature et donne
l'exemple de ce que pourrait être un système d'argent honnête, émis
sans intérêt et sans dette par le gouvernement souverain de la nation,
pour que le système d'argent-dette des banquiers s'écroule dans le
monde entier. Cette
lutte des Financiers internationaux pour installer leur système
frauduleux d'argent-dette a été particulièrement virulente aux
Etats-Unis depuis le tout début de leur existence, où les faits
montrent que plusieurs hommes d'Etat américains étaient bien au
courant du système d'argent malhonnête que les Financiers voulaient
imposer et de tous les malheurs qu'il entraînerait pour l'Amérique.
Ces hommes d'Etat étaient de véritables patriotes, qui ont fait tout
ce qui était en leur pouvoir pour conserver aux Etats-Unis un système
d'argent honnête, libre du contrôle des Financiers. Les Financiers
font tout pour tenir cachée cette facette de l'histoire des Etats-Unis,
de peur que l'exemple de ces patriotes ne soit suivi encore aujourd'hui.
Voici ces faits que les Financiers voudraient que la population ignore: La
population la plus heureuse
Nous
sommes en 1750. Les Etats-Unis d'Amérique n'existent pas encore; ce
sont les 13 colonies sur le continent américain qui forment la «Nouvelle-Angleterre»,
possession de la mère-patrie, l'Angleterre. Benjamin Franklin écrivait
de la population de ce temps: «Impossible de trouver de population plus
heureuse et plus prospère sur toute la surface du globe.» Faisant
rapport en Angleterre, on lui demanda le secret de cette prospérité
dans les colonies, alors que la misère régnait dans la mère-patrie: «C'est
bien simple, répondit Franklin. Dans les colonies, nous émettons notre
propre papier-monnaie, nous l'appelons Colonial Script, et nous en émettons
assez pour faire passer facilement tous les produits des producteurs aux
consommateurs. Créant ainsi notre propre papier-monnaie, nous contrôlons
notre pouvoir d'achat et nous n'avons au- cun intérêt à payer à
personne.» Les
banquiers anglais, mis au courant, firent adopter par le Parlement
anglais une loi défendant aux colonies de se servir de leur monnaie
script et leur ordonnant de se servir uniquement de la monnaie-dette
d'or et d'argent des banquiers qui était fournie en quantité
insuffisante. La circulation monétaire dans les colonies se trouva
ainsi diminuée de moitié. «En
un an, dit Franklin, les conditions changèrent tellement que l'ère de
prospérité se termina, et une dépression s'installa, à tel point que
les rues des colonies étaient remplies de chômeurs.» Alors
advint la guerre contre l'Angleterre et la déclaration d'indépendance
des Etats-Unis, en 1776. Les manuels d'histoire enseignent faussement
que la Révolution Américaine était due à la taxe sur le thé. Mais
Franklin déclara: «Les colonies auraient volontiers supporté
l'insignifiante taxe sur le thé et autres articles, sans la pauvreté
causée par la mauvaise influence des banquiers anglais sur le Parlement:
ce qui a créé dans les colonies la haine de l'Angleterre et causé la
guerre de la Révolution.» Les
Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant tous ces faits en mémoire, et
pour se protéger de l'exploitation des banquiers internationaux,
prirent bien soin de stipuler clairement dans la Constitution américai-ne,
signée à Philadelphie en 1787, dans l'article 1, section 8, paragraphe
5: «C'est au Congrès qu'appartiendra le droit de frapper l'argent et
d'en régler la valeur.» La
banque des banquiers Mais
les banquiers ne lâchèrent pas le morceau. Leur représentant,
Alexander Hamilton, fut nommé Secrétaire du Trésor (l'équivalent de
notre ministre des Finan- ces) dans le cabinet de George Washington, et
se fit l'avocat d'une banque nationale privée et de la création d'un
argent-dette avec de faux arguments, tels que: «Une dette nationale,
pourvu qu'elle ne soit pas excessive, est une bénédiction nationale...
Le gouvernement se montrera sage en renonçant à l'usage d'un expédient
aussi séduisant et dangereux, soit d'émettre son propre papier-monnaie.»
Hamilton leur fit aussi accroire que seul l'argent-dette des banques
privées était valable pour les transactions avec les pays étrangers. Thomas
Jefferson, le Secrétaire d'Etat, était fortement opposé à ce projet,
mais le président Washington se laissa finalement convaincre par les
arguments d'Hamilton. Une banque nationale fut donc créée en 1791, la
«Bank of the United States», avec une charte d'une durée de 20 ans.
Quoique nommée «Banque des Etats-Unis», elle était plus véritablement
la «banque des banquiers», puisqu'elle n'appartenait pas du tout à la
nation, au gouvernement américain, mais aux individus détenteurs des
actions de la banque, les banquiers privés. Le nom de «banque des
Etats-Unis» fut délibérément choisi dans le but de laisser croire à
la population américaine qu'elle était propriétaire de la banque, ce
qui n'était pas du tout le cas. La charte expira en 1811 et le Congrès
vota contre son renouvellement, grâce à l'influence de Jefferson et
d'Andrew Jackson: «Si
le Congrès, dit Jackson, a le droit d'après la Constitution d'émettre
du papier-monnaie, ce droit leur a été donné pour être utilisé par
eux seuls, non pas pour être délégué à des individus ou des
compagnies privées.» Ainsi
se terminait l'histoire de la première Banque des Etats-Unis, mais les
banquiers n'avaient pas dit leur dernier mot. Les
banquiers déclenchent la guerre Nathan
Rothschild, de la Banque d'Angleterre, lança un ultimatum: «Ou bien le
renouvellement de la charte est accordé, ou bien les Etats-Unis sont
impliqués dans une guerre très désastreuse.» Jackson et les
patriotes américains ne se doutaient pas que le pouvoir des banquiers
pouvait s'étendre jusque-là. «Vous êtes un repaire de voleurs, de
vipères, leur dit le président Jackson. J'ai l'intention de vous déloger,
et par le Dieu Eternel, je le ferai!» Nathan Rothschild émit des
ordres: «Donnez une leçon à ces impudents Américains. Ramenez-les au
statut de colonie.» Le
gouvernement anglais déclencha la guerre de 1812 contre les Etats-Unis.
Le plan de Rothschild était d'appauvrir les Américains par la guerre
à un tel point qu'ils seraient obligés de demander de l'aide financière...
qui bien sûr ne serait accordée qu'en retour du renouvellement de la
charte de la «Bank of the United States». Il y eut des milliers de
morts, mais qu'importe à Rothschild? Il avait atteint son but: la
charte fut renouvelée en 1816. On
assassine Abraham Lincoln
Abraham
Lincoln fut élu Président des Etats-Unis en 1860 avec la promesse
d'abolir l'esclavage des Noirs. 11 Etats du Sud, favorables à
l'esclavage des Noirs, décidèrent donc de quitter l'Union, de se séparer
des Etats-Unis: ce fut le début de la Guerre de Sécession, ou Guerre
Civile Américaine (1861-65). Lincoln, étant à court d'argent pour
financer les armées du Nord, partit voir les banquiers de new-York, qui
lui offrirent de l'argent à des taux allant de 24 à 36%. Lincoln
refusa, sachant parfaitement que c'était de l'usure et que cela mènerait
les Etats-Unis à la ruine. Mais son problème d'argent n'était pas réglé
pour autant. Son
ami de Chicago, le Colonel Dick Taylor, vint à la rescousse et lui suggéra
la solution: «Que le Congrès passe une loi autorisant l'émission de
billets du Trésor ayant plein cours légal, payez vos soldats avec ces
billets, allez de l'avant et gagnez votre guerrre.» C'est
ce que Lincoln fit, et il gagna la guerre: de 1862 à 1863, Lincoln fit
émettre 450 millions $ de «greenbacks» (appelés ainsi par la
population parce qu'ils étaient imprimés avec de l'encre verte au
verso). Lincoln
appela ces greenbacks «la plus grande bénédiction que le peuple américain
ait jamais eue.» Bénédiction pour tous, sauf pour les banquiers,
puisque cela mettait fin à leur «racket» du vol du créditde la
nation et de création d'argent avec intérêt. Ils mirent donc tout en
oeuvre pour saboter l'oeuvre de Lincoln. Lord Goschen, porte-parole des
Financiers, écrivit dans le London Times (citation tirée de Who Rules
America, par C. K. Howe, et reproduite dans Lincoln Money
Martyred, par
R. E. Search): «Si
cette malveillante politique financière provenant de la République
nord-américaine devait s'installer pour de bon, alors, ce gouvernement
fournira sa propre monnaie sans frais. Il s'acquittera de ses dettes et
sera sans aucune dette. Il aura tout l'argent néces saire pour mener
son commerce. Il deviendra prospère à un niveau sans précédent dans
toute l'histoire de la civilisation. Ce gouvernement doit être détruit,
ou il détruira toute monarchie sur ce globe.» (La monarchie des contrôleurs du crédit.) Tout
d'abord, dans le but de discréditer les greenbacks, les banquiers
persuadèrent le Congrès de voter , en février 1862, la «Clause
d'Exception», qui stipulait que les greenbacks ne pouvaient être
utilisés pour payer l'intérêt sur la dette nationale. Ensuite, ayant
financé l'élection d'assez de sénateurs et de députés, les
banquiers firent voter par le Congrès en 1863 le retrait de la loi des
Greenbacks et son remplacement par le National Banking Act (Loi des
Banques Nationales, où l'argent serait créé avec intérêt par des
compagnies privées). Cette
loi stipulait aussi que les greenbacks seraient immédiatement retirés
de la circulation aussitôt leur retour au Trésor pour paiement des
taxes. Lincoln protesta énergiquement, mais son objectif le plus
pressant était de gagner la guerre et de sauver l'Union, ce qui
l'obligea à remettre après la guerre le veto qu'il projetait contre
cette loi et l'action qu'il entendait prendre contre les banquiers.
Lincoln déclara tout de même: «J'ai
deux grands ennemis: l'armée du Sud en face et les banquiers en arrière.
Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis.» Lincoln
fut réélu Président en 1864 et fit clairement savoir qu'il
s'attaquerait au pouvoir des banquiers une fois la guerre terminée. La
guerre se termina le 9 avril 1865, mais Lincoln fut assassiné cinq
jours plus tard, le 14 avril. Une formidable restriction du crédit
s'ensuivit, organisée par les banques. L'argent en circulation dans le
pays, qui était de 1907 millions $ en 1866, soit 50,46 $ pour chaque Américain,
tomba à 605 millions $ en 1876, soit 14,60 $ par Américain. Résultat:
en dix ans, 54 446 faillites, pertes de 2 milliards $. Cela ne suffisant
pas, on alla jusqu'à réduire la circulation d'argent à 6,67 $ par tête
en 1867! William
Jennings Bryan: «Les banques doivent se retirer»
L'exemple
de Lincoln demeurait néanmoins dans plusieurs esprits, même jusqu'en
1896. Cette année-là, le candidat démocrate à la présidence était
William Jennings Bryan, et encore une fois, les livres d'histoire nous
disent que ce fut une bonne chose qu'il ne fut pas élu président, car
il était contre la monnaie «saine» des banquiers, l'argent créé
sous forme de dette, et contre l'étalon-or: «Nous
disons dans notre programme que nous croyons que le droit de frapper et
d'émettre la monnaie est une fonction du gouvernement. Nous le croyons.
Et ceux qui y sont opposés nous disent que l'émission de
papier-monnaie est une fonction de la banque, et que le gouvernement
doit se retirer des affaires de la banque. Eh bien! moi je leur dis que
l'émission de l'argent est une fonction du gouvernement, et que les
banques doivent se retirer des affaires du gouvernement... Lorsque nous
aurons rétabli la monnaie de la Constitution, toutes les autres réformes
nécessaires seront possibles, mais avant que cela ne soit fait,
aucune autre réforme ne peut être
accomplie.» Le
plus gigantesque trust
Et
finalement, le 23 décembre 1913, le Congrès américain votait la loi
de la Réserve Fédérale, qui enlevait au Congrès lui-même le pouvoir
de créer l'argent, et remettait ce pouvoir à la «Federal Reserve
Corporation». Un des rares membres du Congrès qui avait compris tout
l'enjeu de cette loi, Charles A. Lindbergh (le père du célèbre
aviateur), déclara: «Cette
loi établit le plus gigantesque trust sur terre. Lorsque le Président
(Wilson) signera ce projet de loi, le gouvernement invisible du Pouvoir
Monétaire sera légalisé... le pire crime législatif de tous les
temps est perpétré par cette loi sur la banque et le numéraire.» L'éducation
du peuple Qu'est-ce
qui a permis aux banquiers d'obtenir finalement le monopole complet du
contrôle du crédit aux Etats-Unis? L'ignorance de la population sur la
question monétaire. John Adams écrivait à Thomas Jefferson, en 1787: «Toutes
les perplexités, désordres et misères ne proviennent pas tant de défauts
de la Constitution, du manque d'honneur ou de vertu, que d'une ignorance
complète de la nature de la monnaie, du crédit et de la circulation.» Salmon
P. Chase, Secrétaire du Trésor sous Lincoln, déclara publiquement,
peu après le passage de la loi des Banques Nationales: «Ma
contribution au passage de la loi des Banques Nationales fut la plus
grande erreur financière de ma vie. Cette loi a établi un monopole qui
affecte chaque intérêt du pays. Cette loi doit être révoquée, mais
avant que cela puisse être accompli, le peuple devra se ranger d'un côté,
et les banques de l'autre, dans une lutte telle que nous n'avons jamais
vue dans ce pays.» Et
l'industriel Henry Ford a dit: «Si
la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait
une révolution avant demain matin.» L'éducation
du peuple, voilà la solution. Et c'est justement la formule de Vers
Demain. Ah! si tous les créditistes comprenaient leur responsabilité
de répandre Vers Demain! Le Crédit Social, qui établirait une économie
où tout est ordonné au service de la personne humaine, a justement
pour but de développer la responsabilité personnelle, de créer des
hommes responsables. Chaque conquête d'un esprit au Crédit Social est
une avance. Chaque personne formée par le Crédit Social est une force,
et chaque acquisition de force est un pas de plus vers la victoire. Et
depuis 69 ans, que de forces acquises!... Et si elles étaient toutes
actives, le Crédit Social, c'est réellement avant demain matin qu'on
l'aurait! Comme
l'écrivait Louis Even en 1960: «L'obstacle n'est ni le financier, ni
le politicien, ni aucun adversaire déclaré. L'obstacle est seulement
dans la passivité d'un trop grand nombre de créditistes qui souhaitent
bien voir venir le triomphe de la cause, mais qui laissent à d'autres
le soin de la promouvoir.» En
somme, c'est le refus d'endosser notre responsabilité. «A ceux qui ont
beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé.» (Luc 12, 48.) Examen de
conscience, chers créditistes, con- version personnelle, un petit coup
de coeur et endossons nos responsabilités. Nous n'avons jamais été
aussi près de la victoire! Notre responsabilité, c'est de faire connaître
le Crédit Social aux autres, en les faisant s'abonner à Vers Demain,
le seul journal qui fait connaître cette brillante solution.
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