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Eloquente
homélie de M. le curé Jacques Chaput aux funérailles de Mme Gilberte Côté-Mercier, le 24 juin 2002
Cinq prêtres officiaient les funérailles de Mme Côté-Mercier. De gauche à droite: l'abbé Fernand Albert, de Caraquet, au Nouveau-Brunswick; l'abbé Jacques Chaput, curé de la paroisse Saint-Michel de Rougemont; le révérend Père Gérard Montpetit, supérieur des Oblats de Marie Immaculée à Rougemont, et directeur spirituel de madame Côté-Mercier; le révérend Père Edmond Brouillard, o.m.i., aumônier des Pèlerins de saint Michel; le révérend Père Thomas, cistercien, confesseur de Mme Côté-Mercier lorsqu’elle pouvait encore se rendre à l'abbaye cistercienne Notre-Dame de Nazareth à Rougemont. L’Eglise
paroissiale est un lieu de rassemblement, un lieu de prière, un lieu de
rencontre avec le Seigneur. Aujourd’hui,
vous avez voulu que cette église paroissiale de St-Michel de Rougemont soit
le lieu du dernier adieu de Mme Gilberte Côté-Mercier. Nous
avons laissé nos occupations pour nous rassembler ici dans le temple du
Seigneur. Notre présence n’est pas le fruit du hasard, nous avons sans
doute plusieurs raisons d’être présents à cette célébration de funérailles. Pour
ceux et celles qui ont connu Mme Mercier, c’est par respect, par
reconnaissance, par amitié que vous vous êtes rendus une dernière fois
autour de sa dépouille mortelle. Nous sommes rassemblés pour lui rendre un
dernier service, celui de la prière. Nous sommes aussi réunis pour présenter
au Seigneur sa vie et son Oeuvre. Aujourd’hui,
notre mère l’Eglise célèbre la Saint-Jean Baptiste, le patron spécial
des Canadiens français. Quelle heureuse coïncidence, quelle belle
association: saint Jean- Baptiste et Mme Gilberte Côté-Mercier. Qui
était Jean-Baptiste? Un prophète qui a fait le lien entre l’Ancien
Testament et le Nouveau Testament. Un précurseur, celui qui a préparé la
route de Jésus. Un ascète, un homme vêtu de peau de bête, mangeant des
sauterelles et du miel sauvage. Un prédicateur, bâton à la main, veines
sorties des bras, peau desséchée et burinée par le soleil du désert de Judée,
un harangueur de foule, un crieur de vérité. Quelle
figure intéressante. Un homme qui remet en question les coutumes et les lois
de son temps. Un homme qui crie, un homme qui rassemble, qui dénonce les
injustices, un homme qui n’a pas peur de la vérité. En même temps, Jean-Baptiste
est un homme capable de voir au-delà des apparences. Dans la foule de ceux et
celles qui viennent vers lui, il reconnaît Jésus. C’est un révolté, mais
pas un révolté pour rien, un révolté capable d’ouvrir des avenues
nouvelles, et surtout de dénoncer le mal et les oeuvres de Satan. Madame
Gilberte Côté-Mercier a été une figure de ce célèbre patron, et surtout,
elle a marché sur les traces de saint Jean-Baptiste. A
chaque époque, Dieu suscite des âmes d’élite pour secourir son peuple.
1910 a vu naître Gilberte Côté à qui Dieu a confié une mission bien spéciale,
celle de combattre deux grands fléaux qui meurtrissaient et meurtrissent
encore le monde: la misère au
sein de l’abondance et le communisme. 1929,
elle a dix-neuf ans, la crise économique multiplie les nécessiteux, son cœur
de chrétienne est blessé devant tant de souffrances. Mais comment secourir
la multitude des miséreux? En
1936, elle assista à une conférence de Louis Even, qui a définitivement
orienté sa vie. Elle comprit le Crédit Social qui mettrait un terme à la
pauvreté dans un monde d’abondance. Le Père Eternel a mis la table pour
chacun de ses enfants, sans en oublier un seul. Mais le système d’argent
barbare empêche les humains de se nourrir à la table du Père. Comme
Jeanne d’Arc, notre héroïne nationale, prendra les devants du combat, en
brandissant le glaive tranchant de la vérité. Cette vérité, elle ne se
contentera pas seulement de la contempler, mais elle s’en fera l’apôtre
inlassable. Aux deux grands maux qui rongeaient le monde: le communisme,
dictature de l’Etat, et le système financier vicié, dictature de
l’argent, elle opposera l’éblouis- sante lumière du Crédit Social, qui
appliquerait merveilleusement bien les principes de la doctrine sociale de
notre Mère l’Eglise catholique romaine. Dieu,
l’Eglise et la patrie ont besoin de défenseurs. Comme la pucelle de France,
sous l’étendard du grand archange saint Michel, premier défenseur des
droits de Dieu, la vie de notre héroïne ne deviendra qu’un perpétuel
combat à la défense des plans divins, à la défense de ses frères, à la défense
de la vérité tout entière. Elle
organise les programmes d’assem- blées et l’apostolat de porte en porte
à travers le pays, et au-delà des frontières, son zèle la conduira porter
la bonne semence jusqu’en France et au Brésil et même dans tous les pays
du monde. La
vérité la pénètre, l’enflamme, et lui donne une éloquence sans égale.
Sa parole élève les petits et les humbles et confond les superbes. Une armée
d’apôtres lèvent à sa suite. En
lui rendant hommage, Louis Even, le grand maître, s’exprimait ainsi: «Jeanne
d’Arc de la Nouvelle-France pour affranchir le pays de la dictature financière
qui opprime les personnes et disloque les familles, elle consacre sa brillante
intelligence, sa culture universitaire, ses forces physiques jusqu’à l’épuisement,
sa personne tout entière, son temps, ses biens, au service de la cause du Crédit
Social, sans arrêt, sans fléchissement, approuvée ou critiquée, admirée
ou persécutée, sans autre souci que la vérité à proclamer et à servir. «Gardienne
du journal Vers Demain, elle l’administre avec une compétence unique depuis
son premier numéro et l’a porté à une place inégalée parmi les organes
d’idées, sans annonce commerciale, sans appui financier d’autres forces
extérieures. Vigilante,
et douée d’une remarquable perspicacité, elle défend avec intrépidité
l’œuvre de Vers Demain et ses fidèles serviteurs contre les attaques de
l’ennemi. Catholique
fervente et fervente créditiste, première à donner l’exemple, elle
s’applique constamment à développer chez les Créditistes l’esprit
d’apostolat, le dévouement désintéressé, la pureté d’intention, le
respect de la morale, l’humilité alliée au courage, et le recours aux
forces du Ciel, dans la poursuite d’un ordre temporel qui permette mieux à
chaque personne à tendre vers sa destinée propre en accord avec la volonté
de Dieu.» Le
combat de Jeanne d’Arc n’a duré qu’un an, mais elle a consommé son
sacrifice dans le feu du bûcher, à 18 ans. Celui de notre héroïne
canadienne a duré 66 ans, et son bûcher a été les souffrances multiples de
la vieillesse. Pendant
les dernières années de sa vieillesse, face à Dieu, face à l’éternité
bienheureuse, elle s’y préparait par la prière et la contemplation. Elle récitait
son rosaire tout entier, contemplait les stations du Chemin de Croix, et édifiait,
comme toujours, ses collaborateurs et collaboratrices par ses paroles trempées
dans les cœurs de Jésus et de Marie, sources de la sagesse et de la vérité.
Dans une confiance sans borne en la Miséricorde divine, elle tenait entre ses
mains son crucifix de la bonne mort et nous disait en le montrant: «Voici la
clef du Ciel qui me permettra d’y entrer tout droit». L’Immaculée
est la patronne de sa naissance et de sa consécration, elle est née dans le
beau mois de Marie, le 25 mai, même date de naissance que saint Padre Pio
qu’elle admirait beaucoup. La puissante
Reine du Ciel a guidé ses pas de la naissance jusqu’au trépas, qu’elle
l’a reçoive maintenant dans sa Cour céleste, près de la très Sainte
Trinité où elle trouvera pour l’accueillir: Louis Even, Gérard Mercier,
son père, Rosario Côté, sa maman Joséphine Gariépy, son frère Rosaire Côté
et toute la phalange de «Bérets Blancs» qui l’ont devancée. Merci
à Dieu d’avoir donné Gilberte Côté au Canada. Merci à Gilberte Côté
pour tout le bien qu’elle a fait au pays. Au Ciel seulement nous connaîtrons
la grandeur de ses mérites. Nous
allons poursuivre cette célébration en action de grâce pour cette vie que
nous présentons au Seigneur. Nous confions Mme Mercier à Dieu en étant
convaincus qu’il est un Père rempli de bonté, d’amour et de miséricorde. Jacques
Chaput, prêtre Voir
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