En plaçant l'homme sur la terre
(Air : Sur le grand nuit d'une corvette)
1. En plaçant l'homme sur la terre,
Dieu voulut qu'il ait des besoins.
Nous ne pouvons pas nous soustraire
A la faim, ni à certains soins :
Habillement, abri, chauffage,
Repos, loisirs, et cætera ;
Pour ces besoins, Dieu fut si sage
Que tous les biens l'on trouvera.
2. On a des tas de nourriture :
Chacun pourrait combler sa faim.
On a du linge et des chaussures,
Des vêtements, des fruits, du pain.
Comme il en faut, on peut en faire ;
Pour des maisons, on a le bois,
On a la brique, on a la pierre,
Et la main d'oeuvre par surcroît.
3. La production est abondante,
Réelle ou possible, du moins.
Mais on se prive, on se tourmente,
On se rationne à tous les coins.
Aux Canadiens, aux Canadiennes,
On dit qu'est riche le pays ;
On fournit les contrées lointaines,
Et nous manquons de nos produits.
4. Serions-nous donc des imbéciles ?
Pourquoi nous voir embarrassés
Quand l'abondance est si facile,
Quand l'argent seul est rationné ?
Voyons à monnayer les choses,
Et ne nous laissons plus pâtir,
Pour quelques hommes qui nous dosent
Le droit de vivre et de bâtir.
Henri Lavoie