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Chapitre
42 — Pour une meilleure (Article
d’Alain Pilote, paru dans Vers Demain de mars-avril 1995.) Imprimer
de l'argent... sans limites? Les
banquiers internationaux craignent tellement l'application du Crédit
Social, qui mettrait justement fin à leur contrôle de la vie
économique, qu'ils ont tout essayé pour stopper sa progression dans
les esprits. Alors, une des tactiques favorites des Financiers sera de
falsifier ces principes et de les présenter d'une façon absurde et
ridicule dans les médias, pour empêcher que davantage de gens y
adhèrent. Nous
en avons eu un exemple tout récemment, avec le journal La
Voix de l'Est de Granby du 8 décembre dernier (1994), qui
rapportait que la députée de Shefford, Diane St-Jacques, avait
déposé à la Chambre des Communes la pétition des Bérets Blancs pour
demander d'effacer la dette nationale. (Ils l'avaient appris dans Vers
Demain, et avaient même reproduit une partie de notre journal montrant
la photo de la députée.) Mais voilà que les journalistes de La
Voix de l'Est prétendent que ce que les Bérets Blancs demandent
dans leur pétition, c'est «d'imprimer de l'argent pour effacer la
dette», ce qui est «irréaliste, complètement farfelu» et
entraînerait une «inflation épouvantable», et s'empressent d'ajouter
que cela prouve que «les Bérets Blancs ne connaissent absolument rien
en économie.» Ces
journalistes de La Voix de l'Est
ont raison de dire que «d'imprimer de l'argent pour payer la dette»
est complètement farfelu, mais ils sont tout à fait malhonnêtes en
disant que c'est ce que les Bérets Blancs préconisent. S'ils avaient
voulu faire un reportage honnête, ils n'avaient qu'à contacter le
bureau de Vers Demain, ou tout simplement lire l'article qui précédait
celui qu'ils ont cité, et qui expliquait très bien le sens de notre
pétition: «Quand nous, du journal Vers Demain, demandons dans notre
pétition d'effacer les dettes publiques, c'est exactement ce que cela
veut dire: les effacer, et non pas les remboruser, et encore moins
imprimer de l'argent pour les rembourser.» Ce que les Bérets Blancs
préconisent, c'est justement d'émettre l'argent selon la production.
Mais ça, les journalistes de La
Voix de l'Est semblent incapables de le comprendre... ou n'ont pas
l'honnêteté de le dire. Nous n'avons donc aucune félicitations à
faire à ces journalistes pour leurs propos mensongers et leur campagne
de désinformation. Cet
argument farfelu, qui dit que les Bérets Blancs veulent «imprimer de
l'argent sans limites», n'est pas nouveau, c'est même l'argument
préféré des Financiers, qu'ils n'ont pas cessé de colporter depuis
des années, pour nuire aux véritables principes du Crédit Social.
C'est même ce que la plupart des livres d'économie répètent
faussement. Alors,
quand on leur parle de Crédit Social, ceux qui n'ont jamais lu Vers
Demain ne font que répéter les mensonges des financiers:
«Votre affaire, le Crédit Social, ça ne tient pas debout!
Voyons donc, imprimer de l'argent comme ça sans arrêt, ça va faire de
l'inflation!» Et en disant cela, ils pensent avoir tout dit du Crédit
Social, alors qu'ils ignorent tout du sujet, ne connaissant absolument
rien de la circulation de l'argent sous un système créditiste, rien de
l'escompte compensé ou du dividende. Ce
dont ils ont entendu parler, c'est d'un faux
Crédit Social, d'une version falsifiée par les Financiers. Voici
donc un résumé du vrai Crédit
Social, basé sur les deux brochures de Louis Even, Qu'est-ce
que le vrai Crédit Social?, et Une
finance saine et efficace. Comptabilité
exacte Tout
d'abord, définissons les mots «crédit social»: au lieu d'avoir un
argent créé par les banques, à intérêt, un crédit
bancaire, on aurait un argent créé sans dette par la société, un
crédit social. Le système du Crédit Social ne vise à rien
d'autre qu'à faire de l'argent un reflet exact des réalités
économiques. Il n'est donc aucunement question dans le Crédit Social
d'émettre ou imprimer de l'argent n'importe comment, de façon
irresponsable ou sans limites (comme se plaisent à le faire croire les
Financiers), ou selon les caprices des politiciens au pouvoir. La vraie
méthode proposée, la voici: Le
gouvernement nommerait une commission de comptables, un organisme
indépendant appelé «Office National de Crédit», qui serait chargé
d'établir une comptabilité exacte: l'argent serait émis au rythme de
la production, et retiré de la circulation au rythme de la consommation.
On aurait ainsi un équilibre constant entre la capacité de produire et
la capacité de payer, entre les prix et le pouvoir d'achat. Ce
que les Bérets Blancs demandent, c'est que le gouvernement cesse
d'emprunter des banques privées de l'argent qu'il peut créer lui-même
sans intérêt, par sa banque centrale. Même le premier gouverneur de
la Banque du Canada, Graham Towers, admettait en 1939 devant un comité
de la Chambre des Communes que cela était parfaitement faisable,
lorsqu'on lui demanda pourquoi un gouvernement devrait-il payer de
l'intérêt pour de l'argent qu'il peut créer lui-même sans intérêt. Pendant
la deuxième guerre mondiale, la Banque du Canada a créé jusqu'à 50%
de l'argent du pays, sans inflation. Aujourd'hui, elle en crée moins de
2%. Le reste, 98%, est créé par les banques sous forme de prêts. Bien
des gens ignorent ce fait, et ne savent pas que les banques privées,
contrairement aux autres prêteurs, créent l'argent qu'elles prêtent,
et qu'elles ne prêtent pas l'argent de leurs déposants. Que
l'argent soit créé par la Banque du Canada ou les banques privées, il
faut bien qu'il soit créé quelque part. Il s'agit des mêmes chiffres,
basés sur la même production du pays. La seule différence (et elle
est de taille!), c'est que si le gouvernement emprunte de sa propre
banque centrale, il n'encourt aucune dette. 100
dollars créés sans intérêt par la Banque centrale, ou 100 dollars
créés avec intérêt par une banque privée: lequel des deux va créer
de l'inflation? Même un enfant de dix ans trouverait tout de suite la
réponse: c'est celui qui est créé avec intérêt par la banque
privée. L'inflation, c'est la hausse des prix, causée par la hausse
des coûts de production, et les intérêts à payer par les producteurs
aux banques font partie de ces coûts. Ce
qui est tout à fait incroyable et contraire à la logique la plus
élémentaire, c'est que les économistes disent que pour arrêter
l'inflation (la hausse des prix), il faut augmenter les taux d'intérêt,
alors qu'au contraire, toute hausse des taux d'intérêt fait
nécessairement augmenter les prix. Le système «farfelu», ce sont eux
qui le préconisent, pas les créditistes de Vers Demain. Mais
le Crédit Social ne se limite pas seulement à une simple question de
création d'argent. Il y aussi le dividende, et l'escompte compensé. Le
dividende Parce
que les salaires ne suffisent pas pour acheter toute la production
existante (les salaires ne forment qu'une partie des coûts de
production de n'importe quel article), l'Office National de Crédit
distribuerait à chaque citoyen un dividende mensuel, une somme d'argent
pour combler le pouvoir d'achat, et pour assurer à chacun une part des
biens du pays. Ce dividende serait basé sur les deux plus grands
facteurs de la production moderne, l'héritage des richesses naturelles
et des inventions des générations passées, tous deux dons gratuits de
Dieu, qui appartiennent donc à tous. Ceux qui seraient employés dans
la production recevraient encore leur salaire, mais tous, salariés
comme non-salariés, recevraient le dividende. La
formule du dividende serait infiniment préférable au bien-être
social, l'assurance-chômage et autres lois actuelles de sécurité
sociale, car il ne serait pas pris dans les taxes de ceux qui
travaillent, mais serait financé par de l'argent nouveau, créé par
l'Office National de Crédit. Personne ne se ferait donc vivre par les
taxes des contribuables; ce serait un héritage dû à tous les citoyens
du pays, qui sont pour ainsi dire tous actionnaires de la compagnie
Canada Limitée. Et
contrairement au bien-être social, ce dividende serait sans enquête,
il ne pénaliserait donc pas ceux qui veulent travailler. Loin d'être
une incitation à la paresse, il permettrait aux gens de s'occuper dans
l'activité de leur choix, celle où ils ont des talents. D'ailleurs, si
les gens arrêtaient de travailler, le dividende baisserait
automatiquement, puisqu'il est basé sur la production existante. Sans
ce revenu non lié à l'emploi, le progrès devient non plus un allié
de l'homme, mais une malédiction, puisqu'en éliminant le besoin de
labeur humain, il fait perdre aux travailleurs leur seul source de
revenu. Finance
des travaux publics Comment
se ferait le financement des services et travaux publics avec un tel
système d'argent social? Chaque fois que la population désirerait un
nouveau projet public, le gouvernement ne se demanderait pas: «A-t-on
l'argent?», mais: «A-t-on les matériaux, les travailleurs pour le
réaliser?» Si oui, l'Office National de Crédit créerait
automatiquement l'argent nécessaire pour financer cette production
nouvelle. Supposons,
par exemple, que la population désire un nouveau pont, dont la
construction coûte 50 millions $. L'Office National de Crédit crée
donc 50 millions $ pour financer la construction de ce pont. Et puisque
tout argent nouveau doit être retiré de la circulation lors de la
consommation, ainsi l'argent créé pour la construction du pont devra
être retiré de la circulation lors de la consommation de ce pont. De
quelle manière un pont peut-il être «consommé»? Par usure ou
dépréciation. Supposons que les ingénieurs qui ont construit ce pont
prévoient qu'il durera 50 ans; ce pont perdra donc un cinquantième de
sa valeur à chaque année. Puisqu'il a coûté 50 millions $ à
construire, il subira donc une dépréciation d'un million $ par année.
C'est donc un million de dollars qui devront être retirés de la
circulation à chaque année, pendant 50 ans. Au bout de 50 ans, le pont
sera complètement payé, sans un sou d'intérêt ni de dette. Est-ce
que ce retrait d'argent se fera par les taxes? Non, cela n'est nullement
nécessaire, dit Douglas, le concepteur du système du Crédit Social.
Il existe une autre méthode bien plus simple pour retirer cet argent de
la circulation, celle de l'ajustement des prix (appelé aussi escompte
compensé). D'ailleurs,
sous un système de crédit social, les taxes diminueraient de façon
drastique, et la plupart disparaitraient tout simplement. Le juste
principe à observer, c'est que les gens ne paient que pour ce qu'ils
consomment. Par contre, il serait injuste de faire payer à la
population de tout le pays des services qui ne sont offerts que dans une
rue ou une municipalité, comme le service d'eau, d'égoût ou de
vidange; ce sont ceux qui bénéficient de ces services qui auraient à
payer la municipalité qui les fournit. L'ajustement
des prix De
quelle manière cet ajustement des prix fonctionnerait-il? L'Office
National de Crédit serait chargé de tenir une comptabilité exacte de
l'actif et du passif de la nation, ce qui ne nécessiterait que deux
colonnes: d'un côté, on inscrirait tout ce qui est produit dans le
pays durant la période en question (l'actif), et de l'autre, tout ce
qui est consommé (le passif). Le 1 million $ de dépréciation annuelle
du pont, de l'exemple mentionné plus haut, serait donc inscrit dans la
colonne «passif» ou «consommation», et ajouté à toutes les autres
formes de consommation ou disparition de richesse durant l'année. Douglas
fait aussi remarquer que le vrai coût de la production, c'est la
consommation. Dans l'exemple du pont, le prix comptable était de $50
millions. Mais le prix réel du pont, c'est tout ce qu'il a fallu
consommer pour le produire. S'il est impossible de déterminer pour un
seul produit quel a été son prix réel, on peut, par contre,
facilement savoir quel a été, durant une année, le prix réel de
toute la production du pays: c'est tout ce qui a été consommé dans le
pays durant la même période. Ainsi,
si les comptes nationaux du Canada montrent que, dans une année, la
production privée, la production de biens consommables, a été de 500
milliards $, et que pendant la même année, la consommation totale a
été de 400 milliards $, cela veut dire que le Canada a été capable
de produire pour une valeur de 500 milliards de produits et services,
tout en ne dépensant, ou consommant, que pour une valeur de 400
milliards. Autrement dit, cela démontre qu'il en a coûté réellement
400 milliards pour produire ce que la comptabilité des prix établit à
500 milliards. Le
vrai prix de la production est donc de 400 milliards. La population doit
donc pouvoir obtenir le fruit de son travail, la production de 500
milliards, en payant seulement 400 milliards. Car il a été bien
établi plus tôt que l'argent ne doit être retiré que selon la
consommation: s'il s'est consommé pour 400 milliards de produits et
services, on ne doit retirer de la circulation que 400 milliards, ni
plus ni moins. Escompte
sur les prix Comment
faire pour que les consommateurs canadiens puissent obtenir pour 500
milliards $ de produits et services tout en ne payant que 400 milliards
$? C'est très simple, il suffit de baisser le prix de vente de tous les
produits et services de 1/5, soit un escompte de 20%: l'Office National
de Crédit décrète donc un escompte de 20% sur tous les prix de vente
pendant le terme suivant. Par exemple, le client n'aura qu'à payer 400
dollars pour un article étiqueté 500 dollars. Mais
s'il ne veut pas faire faillite, le marchand doit quand même
récupérer 500 $ pour la vente de cet article, et non pas seulement 400
$, car ce prix de 500 $ inclut tous ses frais. C'est pourquoi on parle
d'un escompte «compensé»: dans ce cas-ci, le marchand sera compensé
par l'Office National de Crédit, qui lui enverra le 100 $ qui manque. Pour
chacune de ses ventes, le marchand n'aura qu'à présenter ses
bordereaux de vente à l'Office National de Crédit, qui lui remboursera
l'escompte accordé au client. Ainsi, personne n'est pénalisé: les
consommateurs obtiennent les produits qui, sans cela, resteraient
invendus, et les marchands récupèrent tous leurs frais. Inflation
impossible Grâce
à ce mécanisme de l'escompte sur les prix, toute inflation serait
impossible: en effet, l'escompte fait baisser les prix. Et l'inflation,
ce sont les prix qui montent. La meilleure manière d'empêcher les prix
de monter, c'est de les faire baisser! De plus, l'escompte sur les prix
est exactement le contraire de la taxe de vente: au lieu de payer les
produits plus cher par des taxes, les consommateurs les paient moins
cher grâce à cet escompte. Qui pourrait s'en plaindre? On
voit bien alors que ceux qui disent que le Crédit Social va faire de
l'inflation, parlent à travers leur chapeau, car ils ignorent
l'existence de l'escompte compensé. Bien sûr, s'il n'était question
dans le Crédit Social que d'imprimer de l'argent et rien d'autre, les
craintes de l'inflation seraient justifiées, mais justement, le Crédit
Social possède une technique pour faire face à tout danger d'inflation. Il
existe trois principes de base dans le Crédit Social: 1. l'argent émis
sans dette par le gouvernement, représentant de la société, selon la
production, et retiré de la circulation selon la consommation; 2. le
dividende mensuel à tous les citoyens; 3. l'escompte compensé. Les
trois sont nécessaires; c'est comme un trépied: enlevez un de ces
trois principes, et le reste ne tient plus. Toute cette technique du Crédit Social, telle qu'expliquée très brièvement ci-haut, n'a qu'un but: financer la production des biens qui répondent aux besoins; et financer la distribution de ces biens pour qu'ils atteignent les besoins. En examinant la circulation du crédit sur le schéma ci-dessous, on s'apercevra que l'argent ne s'accumule en aucun temps, qu'il ne fait que suivre le mouvement de la richesse, entrant en circulation au rythme de la production, et prenant la voie du retour vers sa source (l'Office National de Crédit) au rythme de la consommation (lorsque les produits sont achetés chez le marchand). En tout temps, l'argent demeure un reflet exact de la réalité: de l'argent apparaît lorsqu'un nouveau produit apparaît, et cet argent disparaît lorsque le produit disparaît (est consommé). Où est l'inflation là-dedans, messieurs les soi-disant instruits? La
circulation de l'argent
De l'argent est avancé au producteur (industrie) par l'Office National de Crédit, pour la production de nouveaux biens, ce qui amène (flèche de gauche) un flux de produits étiquetés avec des prix et (flèche de droite), des salaires distribués aux employés. Puisque les salaires ne suffisent pas pour acheter toute la production, l'Office de Crédit comble la différence par l'émission d'un dividende périodique à tous les citoyens. La rencontre des consommateurs et des produits se fait chez le marchand, et lorsqu'un produit est acheté (consommé), l'argent qui avait été avancé au début de la production de ce produit retourne à sa source, l'Office National de Crédit, ayant ainsi accompli sa fonction et terminé sa course dans le circuit financier, puisque le produit a atteint le consommateur. En tout temps, il y a une égalité entre les moyens d'achat entre les mains de la population, et les prix à payer pour les biens consommables mis en vente sur le marché.
* * * Tout
cela ouvre des horizons et possibilités insoupçonnés. Pour que ces
possibilités deviennent réalités, il faut que tous connaissent le
Crédit Social. Et pour cela, il faut que tous reçoivent Vers Demain.
Ami lecteur, c'est là que votre responsabilité entre en jeu: vous qui
avez compris le Crédit Social, c'est votre devoir de le faire
connaître aux autres, en sollicitant autour de vous l'abonnement à
Vers Demain. Bon succès!
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