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Les
jeunes veulent du neuf
Les
jeunes veulent du neuf dans le système financier, messieurs les
nouveaux députés, ils désirent profiter du riche héritage de biens réels,
qui leur a été légué par les générations précédentes. L’héritage
de dettes fictives que votre vieux système financier leur a empilé sur
le dos ne les intéresse pas. Louis-Marie
Roy, 24 ans, est le fils de Robert Roy, sculpteur et Pèlerin de saint
Michel de St-Jean-Port-Joli. A son travail, Louis-Marie a suivi des
cours pour obtenir une «Attestation d’étude collégiale en
supervision». Le professeur a demandé aux élèves de composer un
texte sur la «robotisation». Louis-Marie a écrit le texte suivant et
le professeur lui a accordé la plus haute note: 5/5. par
Louis-Marie Roy Homme
et machine De
nos jours, les nouvelles technologies sont de plus en plus présentes
dans l’industrie. Mais trop souvent, le remplacement de l’homme par
la machine fait face au mécontentement des personnes qu’elle
remplace. On associe machine à perte d’emploi. On dit: «Comment je
vais me procurer les biens produits par la machine puisque je ne reçois
plus de salaire?» Mais cette réflexion est due au fait que l’on
regarde dans la mauvaise direction.
Le
remplacement de l’homme par la machine dans la production devrait être
un enrichissement, délivrant l’homme de soucis purement matériels,
en lui permettant de se livrer à d’autres fonctions humaines. Par
exemple, je passe en moyenne trente minutes par jour pour laver la
vaisselle, après les repas. Si un jour, je décide de me procurer un
lave-vaisselle, je ne me morfondrai pas à me demander ce que je vais
faire de mes trente minutes de liberté supplémentaires. Non, je sais
très bien ce que je vais faire de ces temps libres. Si, au contraire,
le remplacement de l’homme par la machine est une cause de soucis et
de privations, c’est simplement parce que l’on refuse d’adapter
notre système financier primitif, à ce progrès. Pourquoi
notre système financier est primitif? Pour l’expliquer je ferai un
parallèle tout simple. Imaginons
un monde primitif, sans aucune technologie, où les bras de tous et de
chacun sont requis pour produire les biens nécessaires au bien-être de
chacun. Dans ce monde, un système financier comme le nôtre, où la rémunération
est directement reliée à l’emploi, est tout à fait justifiable
puisque tous les membres de cette société reçoivent un salaire pour
leur travail, leur permettant de se procurer les biens qu’ils
produisent. D’un
autre côté, imaginons un monde (fictif, mais tout à fait possible) où
personne n’aurait besoin de travailler pour produire les biens nécessaires
au bien-être de chacun, un monde où la machine, elle seule, serait
capable de fournir à l’homme un bien-être. Ce monde, bien que
fictif, est très souhaitable. Tous les hommes seraient libres de se
livrer aux activités qu’ils préfèrent sans se soucier de la
production. Mais dans un tel monde, la rémunération devrait être
distribuée autrement que sous forme de salaire, puisque l’homme ne
participerait plus à la production. La rémunération devrait être
distribuée de façon équitable à tous sous forme de dividende. Ce
dividende serait très justifiable puisque la technologie est un héritage
commun. Nul
ne peut nier que la technologie est un héritage humain qui revient de
droit à tous et à chacun, puisque ce sont les générations qui nous
ont précédés qui ont mis au point cette technologie. Cette dernière
doit être au service de l’homme et non l’homme à son service. Elle
est un héritage pour tous, au même titre que l’énergie solaire, la
formidable puissance des cours d’eau qui alimentent nos barrages
hydro-électriques, la force des vents, les sols qui nous fournissent
des fruits et des légumes en abondance, etc. Puisque
nous vivons dans un monde où la technologie et l’effort de l’homme
unissent leurs forces dans la production des biens, il serait
souhaitable que l’homme soit rémunéré, en partie, en salaire pour
son effort fourni à la production, et d’autre part, en dividende pour
la part d’effort de la technologie et de la machine. Certains
diront: «Mais d’où proviendrait ce dividende?» Ce dividende se
devrait de provenir de notre gouvernement, non pas de nos taxes et impôts.
Le gouvernement doit reprendre son droit de créer l’argent nécessaire
pour le bon fonctionnement de l’économie. Créer l’argent plutôt
que de l’emprunter à intérêt à des banques privées. Emprunter à
intérêt a pour effet de créer une dette impayable puisque le
gouvernement doit remettre aux banques, plus d’argent qu’il lui en a
été prêté. La
dette publique du Canada s’élève aujourd’hui à plus de six cent
milliards. Pourtant le Canada d’aujourd’hui est sans aucun doute
plus riche en biens qu’il en a été avant l’arrivée de Champlain.
Quand ce dernier et les vaillants ont planté la croix, la charrue et la
civilisation dans les forêts du Canada, et après eux, leurs
successeurs qui, durant trois siècles ont amélioré l’agriculture,
fait surgir des routes, des ponts et des industries, toute cette lignée
de travailleurs n’aurait laissé aux Canadiens vivant aux vingtième
siècle, qu’un héritage de dettes... ? C’est
ce système financier primitif et malhonnête que l’on doit corriger
et adapter à la technologie. Alors nous pourrons applaudir l’arrivée
de la robotisation et de l’automation dans nos industries, plutôt que
de la bouder. Louis-Marie Roy Cet article a paru dans le numéro de mars-avril 2004 de Vers Demain. |