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Une finance saine et effiace
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Louis Even |
Le
journal créditiste Vers Demain et les autres écrits de la même source
se sont généralement abstenus d'entrer dans le domaine des modalités
possibles pour établir un système financier conforme aux principes de
Douglas. Nous considérons que notre rôle est surtout de montrer le «quoi»
— ce que les hommes doivent obtenir de leurs activités économiques.
Aussi, le «pourquoi», les raisons pour lesquelles ils ont droit à ces
résultats.
Quant
au «comment» — comment appliquer les propositions de Douglas pour
obtenir ces résultats, nous croyons que c'est plutôt l'affaire des
experts. Des experts, non pas de députés ni de gouvernements;
C'est
dans cette lumière-là que Douglas, parlant un jour à une réunion de
créditistes, disait que, selon lui, ce sont les banquiers qui établiront
le système financier du Crédit Social — quand ils en recevront
l'ordre, évidemment.
En
une autre occasion, il suggérait que, pour sortir de l'ornière financière
dans laquelle gémissaient individus et gouvernements au temps des années
'30, le gouvernement devrait assembler quelques-uns des banquiers
dirigeants du pays, les enfermer et les tenir enfermés jusqu'à ce
qu'ils produisent un remède aux maux dont le monde souffrait. (Ce remède,
ils l'auraient vite trouvé!).
Cependant,
dans le présent ouvrage, nous entrons un peu dans le «comment».
Comment on pourrait mettre les propositions de Douglas en application.
Comment établir l'équilibre constant entre les prix et les moyens
d'achat entre les mains du public. Comment on pourrait financer toute
production nouvelle, non pas avec de l'épargne, mais avec des crédits
nouveaux.
Notre
but est simplement de montrer la possibilité de l'application des
propositions de Douglas, non pas de présenter cette manière comme la
seule possible. Les méthodes exposées ne sont donc ni dogmatiques ni
exclusives. Mais nous préconisons ce qui nous semble le plus pratique,
le moins déroutant, en utilisant largement les mécanismes financiers
existants, tout en les purgeant radicalement du vice financier
fondamental qui les détourne de la véritable fin de l'économie: le
service des besoins humains.
Louis
Even