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Au
18e siècle, la proclamation du Seule la Sainte Vierge a été conçue sans la tache du péché originel Parce
qu’elle était appelée à devenir la Mère du Fils de Dieu
Prêtres
guillotinés On
sait que le XVIII siècle jeta l’Europe dans un grand chaos. En France
on assiste à la destruction des cathédrales, des églises et des
couvents. Partout, écrit Châteaubriand, on peut apercevoir les ruines
des églises et des couvents; les hommes, d’une certaine manière, se
divertissaient à se promener sur de telles ruines. Tout l’épiscopat,
ajoute Montalembert, se trouve en persécution, les prêtres sont envoyés
à la guillotine ou exilés, les fidèles sont déjà depuis longtemps
condamnés à choisir entre la mort ou l’apostasie apparente. Dans
les autres états la situation n’en est pas moins défavorable. En
Autriche Joseph II fait fermer 200 couvents, envoie en exil 20,000
religieux, revendique pour soi le droit d’expliquer les encycliques
pontificales, de critiquer les lettres et les ordonnances des évêques
pour ce qui concerne le culte liturgique, etc. En Espagne, Charles III
en une seule fois envoie en exil 6,000 Jésuites, «pour de motifs que
sa Majesté tient cachés dans son auguste cœur». Les catholiques et
tous les autres approuvent de telles décisions. — En Allemagne, en
Italie, les petits princes se font un honneur de suivre ces grands, et
eux aussi défendre à leurs propres sujets tout lien avec Rome. Bref,
le déisme et l’athéisme cherchent à convaincre les hommes que la
religion est une folie, une erreur, qui se base sur l’ignorance et sur
la superstition. La foi diminue et les bonnes mœurs s’en vont. Le
règne de l’Antéchrist du XVIII siècle mûrissait déjà depuis
longtemps, tandis que les hommes pressentaient qu’un tel règne serait
anéanti par l’Immaculée Vierge… (Ils ) commencèrent à soulever
de plus en plus leurs regards vers l’Auxiliatrice de tous les chrétiens.
L’épilogue de semblables événements il faut le chercher dans la vie
du grand Pape exilé Pie IX. Pie
IX forcé de s’exiler La
maçonnerie avait finalement réussi à chasser le Pape de la Ville Éternelle,
siège séculaire du Vicaire du Christ. Le 24 novembre 1848, portant le
Très Saint Sacrement sur son cœur, Pie IX fuyait de Rome pour sauver
sa vie dans l’exil et ne pas priver l’Église de son Chef. A Rome la
révolution chantait victoire : on proclama la république, le
gouvernement fut confié à un triumvirat. “Le peuple est l’unique
maître”, hurlait la foule devenue féroce. La rapine, le meurtre, la
malhonnêteté — telles sont les notes caractéristiques de ces jours.
Tandis
que le Pape exilé observait de la forteresse de Gaète cette terrible
situation, le Cardinal Lambruschini se présenta à lui en disant : «Saint
Père, Votre sainteté n’assainira de nouveau le monde qu’en déclarant
l’Immaculée Conception de Marie dogme de foi. Cette définition
doctrinale rétablira le sens des vérités chrétiennes et retirera les
esprits des déviations naturalistes dans lesquelles ils se sont acheminés».
Ces idées étaient depuis longtemps dans le cœur du Saint Père. Et le
2 février 1849, de Gaète il adresse aux évêques catholiques la
lettre encyclique «Ubi Primum», dans laquelle il ordonne que partout
on élève de ferventes prières et que l’on prépare ce qui est nécessaire
pour la solennelle définition de l’Immaculée Conception de Marie. Ce
qui suivit est connu de tous. Plus de 500 évêques, cardinaux,
patriarches répondirent au Saint Père qu’ils attendaient avec anxiété
le jour de la définition dogmatique de l’Immaculée. L’épiscopat répondit
: «Parle, oh! Pierre, par la bouche de Dieu, et nous écouterons
humblement». Où est le Pape là est l’Église et la forteresse de Gaète
devint une nouvelle Rome chrétienne, et la voix qui en était partie se
propagea partout avec la rapidité de la foudre. Des millions de cœurs
s’unirent en prière et s’adressèrent à l’Immaculée pour sauver
le Pape exilé, pour anéantir les phalanges des ennemis de l’Église. Retour
du Pape à Rome
Le
12 avril 1850 Pie IX retourna à Rome. Aux salves s’unissait la
jubilation de la population qui criait ses vivats. Le Capitole, la
Coupole de Saint Pierre et toute la ville était plongée dans une mer
de lumière. Les citoyens s’étaient bientôt aperçus qu’avec le
Pape, tout principe d’autorité s’était éloigné de Rome, tout ce
qu’il y a de beau et de bon, et que sans le Pape il n’y a pas de
vie; par la suite ils répudièrent les voies de la révolution et
retournèrent sous la protection de l’autorité. Dans les autres états
européens également disparurent les insurrections et les révolutions.
Ce changement subit Pie IX l’attribua à Celle qu’il avait appelée
en aide dans la forteresse de Gaète; et se convainquit que le dogme de
l’Immaculée Conception était ce remède que Dieu avait ordonné pour
notre époque. Le
dogme de l’Immaculée Conception Et
finalement le 8 décembre 1854, à la présence de 200 évêques, lui-même
dans la basilique Saint-Pierre posait sur le chef de Marie la couronne
sans tache, définissait le dogme catholique «ad exaltationem fidei
catholicae, et christianae religionis augmentum» (Ineffabilis Deus).
En cette Bulle le Pape exprime son espérance qu’avec la toute
puissante intercession de la bienheureuse Vierge, la Sainte Mère l’Église
triomphe de toutes les difficultés, de toutes les erreurs, qu’elle
devienne de jour en jour plus forte et qu’elle croisse constamment
parmi tous les peuples et en tous les lieux. Et ainsi le chef de la chrétienté
synthétise et commente définitivement ces espérances traditionnelles
et déclare qu’elles se réaliseront. L’Église
a reconnu à plusieurs reprises que les prévisions, les espérances de
Pie IX et des pieux fidèles au sujet d’une rénovation de la société
humaine par l’intercession de la Vierge Immaculée, ont été réalisées
au moins en partie…. La
condamnation du rationalisme moderne Le
rationalisme théologique, philosophique, politique et social est la créature
du protestantisme. La déification de l’intellect humain est le
principe fondamental du rationalisme. La négation du péché originel,
du dogme de la Rédemption et de la vie éternelle sont les conséquences
logiques de ce système terrible, et celles-ci depuis le XVI siècle
sont utilisées par les sectes modernes dans la lutte contre l’Église.
On devait condamner à tout prix ces hérésies pernicieuses. L’état
d’âme de toute l’humanité était si enfiévré,
l’affaiblissement de la charité chrétienne était si universel,
qu’il aurait été presque inutile de répéter les anciennes définitions
sur le péché originel et sur la rédemption divine. Il fallait un remède
adapté à l’attiédissement général des esprits de cette époque,
on sentait le besoin d’un remède qui puisse non seulement illuminer
l’intelligence, mais aussi réchauffer le cœur et le pousser à la
vie spirituelle. L’Église
ne pouvait pas choisir un moyen plus efficace pour obtenir ce but désiré,
si ce n’est qu’en proposant aux fidèles l’objet du culte
dogmatique de la Vierge Immaculée; l’objet qui plaît tant à leur dévotion,
et qui est tout à la fois une expression officielle des vérités
catholiques qui s’opposent directement aux hérésies et aux erreurs
du rationalisme et du semi-rationalisme. Et
de fait, qui ne voit les conséquences logiques et sublimes du dogme de
l’Immaculée Conception? Si Marie a été préservée en vertu d’un
privilège particulier, il faut reconnaître que la descendance d’Adam
n’est ni pure ni sainte dans son origine; l’humanité est pécheresse
et a besoin d’un sauveur; si la Bienheureuse Vierge fut préservée du
péché originel seulement parce qu’elle devait être la Mère de Dieu,
alors son Fils n’est pas un simple philosophe humanitaire : il est une
personnalité historique. Si Marie fut préservée du péché originel
par l’œuvre du Rédempteur de l’humanité déchue, alors la mission
de Jésus ne fut pas terrestre, ne fut pas seulement sociale, mais fut
une mission surnaturelle, céleste, c’est-à-dire la libération de
l’homme du péché, de la mort spirituelle, de l’esclavage du diable. La
grâce du Christ n’est pas seulement une illumination ou une culture,
mais une religion, une vie surnaturelle, une filiation divine. Si le
genre humain avec le péché d’Adam, dont seule Marie fut préservée,
a perdu la justice originelle, alors toutes les actions qui en dérivent
pur supprimer en nous la concupiscence et pour réformer les passions
rebelles, c’est-à-dire la prière, la pénitence, le jeûne, tout
cela n’est pas une folie médiévale, n’est pas un hypermysticisme;
tout cela est bon, est sain, puisque avec de tels moyens nous devons
atteindre le but de notre vie… Finalement si l’homme a péché, il
n’est pas indépendant par nature : il doit obéir à quelque loi supérieure,
et c’est pourquoi l’affirmation de la liberté absolue, de la
souveraineté de l’homme, de l’indépendance de la pensée et de
l’action est fausse. …Nous
considérons que ces vérités se trouvent dans le dogme de l’Immaculée
Conception non seulement sous une forme abstraite, mais qu’elles sont
aussi concrétisées dans le culte, qu’elles s’identifient avec la dévotion
des fidèles… Dogme
de l’Infaillibilité du Pape …
Le 8 décembre 1854 prépara le 18 juillet 1870. Après le dogme de
l’Immaculée Conception, devait venir le dogme de l’infaillibilité
du Pape. Et ainsi l’Immaculée anéantit l’hérésie de ceux qui ne
reconnaissent pas une telle infaillibilité; elle fit en sorte que le
prisonnier du Vatican devint le centre autour duquel gravitât le monde;
et il fut le promoteur principal du réveil catholique. «Quoique
la tempête fasse rage — s’exclame saint Pie X— et que le ciel
soit couvert d’une dense obscurité, que personne ne chancelle dans
son coeur. A la vue de Marie, Dieu s’apaisera et accordera le pardon.»
(Lettre encyclique Ad diem illum) (Traduction
de l’italien par P. Gérard
Asselin, C.F.S.)
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