Les gloires de Fatima
Le Pape à Fatima
Le 13 mai de cette année, le Jubilé d'Or des apparitions de Marie à Fatima s'est ouvert magnifiquement par l'affluence de 3 millions de pèlerins là où, il y a cinquante ans, la Reine du Ciel se montrait pour la première fois aux trois petits bergers de la Cova da Iria.
Le plus insigne de ces pèlerins était le Pape lui-même, Paul VI. Le Saint-Père y est venu à seul titre de pèlerin. Il y a célébré la messe à midi, à l'heure et à l'endroit où Marie venait faire ses visites aux voyants. Après avoir prié Marie, surtout pour la paix, la paix dans le monde et la paix à l'intérieur de l'Église, le Pape est rentré le jour même à Rome.
Le Saint-Père a une grande dévotion à Marie et une grande confiance en Elle. C'est de son propre chef que, le 21 novembre 1964, devant tous les Pères Conciliaires, Paul VI proclama Marie Mère de la sainte Église. D'ailleurs, tous les papes qui se sont succédé depuis les apparitions, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, ont manifesté leur culte envers la Vierge de Fatima.
La voyante Lucie
Une autre présence insigne à Fatima le 13 mai de cette année, ce fut celle de Lucie, l'aînée des trois petits voyants de 1917. Les deux autres, ses petits cousins, moururent tôt, ainsi que Marie le leur avait annoncé: François, le 4 avril 1919 ; Jacinthe, le 20 février 1920. Lucie avait une mission plus longue à accomplir.
Après la mort de ses deux cousins, Lucie quitta Fatima pour faire ses études au pensionnat des Soeurs Dorothée, près de Porto. Elle y vécut studieuse et ignorée, n'y parlant jamais de ses apparitions, comme le lui avait conseillé son évêque avant son départ de Fatima. A l'âge de 18 ans, elle prit l'habit des Soeurs Dorothée. Elle fut employée successivement dans deux couvents de ces religieuses en Espagne. Les croix ne lui manquèrent pas.
Lors du 25e anniversaire des apparitions, en 1942, les autorités ecclésiastiques firent venir Lucie à la Cova, pour obtenir d'elle des précisions sur les lieux et les faits de 1917. Après quoi elle fit de nouveau ses adieux à cet endroit si cher à sa mémoire et à son coeur.
En 1948, la Providence conduisit Lucie au Carmel de Coïmbre, devenant ainsi religieuse cloîtrée, sous l'habit de sainte Thérèse et sous le nom de Soeur Marie-du-Coeur-Immaculé. Vie cachée, de prière et de pénitence.
Lucie ne devait plus franchir la clôture du cloître, pas même pour le Jubilé d'Or des apparitions. Mais le Pape tint à ce qu'elle soit présente. Lucie assista donc à la messe dite par le Pape ce 13 mai, elle reçut la communion de sa main. Après la messe, le Pape la fit venir près de son trône, la bénit, baisa son voile et la présenta à la foule qui lui fit une ovation délirante. Moments de grande émotion pour elle, et elle ne put retenir ses larmes.
La scène d'il y a -cinquante ans restait, on le pense bien, vivante à l'esprit de la voyante. Et combien différente, celle d'aujourd'hui !
Le 13 mai 1917, la Cova est un pacage plutôt maigre, où paissent des moutons sous la garde de trois petits bergers. A midi, vient soudain une dame, « une belle Dame » qui, à la question de Lucie : « D'où venez-vous, madame ? » répond: « Je suis du Ciel ». Ainsi commence, pas à la façon des hommes, mais à la façon de Dieu, simplement, sans tambour ni trompette, sans faste, sans convocation de personnages, à la façon de Nazareth lorsqu'un archange apporta à la terre la plus grande nouvelle de tous les temps, ainsi commence ce 13 mai 1917 une série d'événements qui vont influencer non seulement la vie des trois petits voyants, mais aussi celle de millions d'autres personnes, et se répercuter sur l'Eglise tout entière.
Et à midi du 13 mai 1967, la bergère de 10 ans devenue une Carmélite de 60 ans est de nouveau là. Le pacage est changé en un vaste sanctuaire de plein air. De moutons, plus, mais une masse de fidèles en prière. A l'autel, un pape. Et Jésus-Christ lui-même sur l'autel. Quelle fête sur ce coin de terre portugaise !
Comme, du Ciel, la « belle Dame » doit se pencher avec tendresse sur sa messagère fidèle ! Comme son Coeur maternel doit être consolé à la vue de cette vaste assemblée attestant que son message n'a pas été totalement en vain ! Et les deux petits bergers rendus au Ciel doivent bien aussi être de la fête.
Solennité particulièrement remarquable, car c'est pour ainsi dire toute l'Eglise qui est là avec son Pape et la foule des pèlerins venus de tous lès continents. Mais ce n'est cependant pas un acte de dévotion sans passé, comme il ne sera pas sans répétition. C'est 50 années de culte grandissant, 50 années de pèlerinages, 50 années de supplications, de louanges, d'actions de grâce, de retours à Dieu, que porte déjà ce sol d'élection vers lequel daigna descendre Celle qui intercède continuellement auprès de Dieu pour les hommes devenus ses enfants par l'amoureuse volonté de son Fils.
« Mon Coeur Immaculé triomphera à la fin », avait dit Marie à Lucie en 1917. Ce 13 mai jubilaire est déjà un beau triomphe de Marie. Présage d'un triomphe à la grandeur de l'univers, dans un avenir que la puissance de Marie fera proche, nous en sommes convaincus, moyennant la petite collaboration de ses enfants.
Un monument à Marie
La montée de Fatima a été vraiment merveilleuse. Les défiances ecclésiastiques du début, la malveillance des sectaires régionaux, les tentatives du gouvernement franc-maçon d'alors pour étouffer Fatima, rien ne put arrêter, pas même freiner la réponse croissante des foules à l'appel de Marie. Si l'Évêque de Leiria ne proclama pas officiellement le surnaturel des apparitions avant d'avoir le rapport officiel de la Commission d'enquête nommée par lui, il n'attendit point ce rapport pour poser des actes qui dénotaient bien sa conviction personnelle. Mgr Da Silva était un grand dévot à Marie. Dès 1921, il fit l'acquisition du terrain de la Cova et y permit des messes en plein air lorsqu'il y avait foule.
Lors de la sixième apparition, le 13 octobre 1917, à la question de Lucie : « Qui êtes-vous, Madame, et que voulez-vous de moi ? » Marie avait répondu :
« Je suis Notre-Dame du Rosaire et je désire en ce lieu une chapelle en mon honneur. »
Une chapelle ? C'est une basilique que l'évêque voulut lui voir élever. Pendant que la Commission poursuivait son enquête sur les faits de 1917 et sur les miracles et les conversions dont la liste s'allongeait toujours, Mgr Da Silva faisait tracer les plans d'un sanctuaire qui allait être de beaucoup la plus grande église du Portugal : 280 pieds de longueur et 171 pieds de hauteur. L'autel principal et les quatorze chapelles latérales rappelleraient les quinze mystères du Rosaire.
C'est le 13 mai 1928 que fut posée la première pierre de cette basilique, dans une cérémonie accomplie par l'Archevêque d'Evora, devant une foule de pèlerins. Le journal officieux du Vatican, « L'Osservatore Romano », fit un rapport de ce pèlerinage et donna des détails sur la basilique projetée, ce qui contribua à faire connaître à Rome et dans d'autres pays les faits de Fatima, qui n'avaient encore guère dépassé les frontières du Portugal. La construction allait prendre plusieurs années : elle fut financée par les offrandes des fidèles. Outre la basilique, une vaste esplanade, dix fois la surface de celle de Lourdes, pour les cérémonies en plein air des grands pèlerinages.
Pie XI
En novembre suivant (1928), au Collège Portugais de Rome, lors de la bénédiction d'une chapelle nouvellement construite, une statue en chêne, jugée la plus belle des statues existantes de Fatima, fut placée au-dessus du maître-autel. Cette statue fut bénite par le Pape lui-même, Pie XI. Le Saint-Père resta longtemps à considérer la beauté surnaturelle de Notre-Dame-de Fatima.
Le 9 janvier suivant (1929), des élèves de ce Collège Portugais étant allés offrir leurs voeux de nouvel an au Pape, Pie XI fit remettre à chacun d'eux deux images représentant cette statue : une pour l'étudiant, l'autre pour sa famille. Un haut prélat n'hésita pas à déclarer que le Pape donnait ainsi implicitement son approbation au culte de Fatima avant même celle canonique, de l'Evêque de Leiria. Celle-ci fut proclamée par Mgr Da Silva le 13 octobre 1930, sur les lieux mêmes des apparitions, devant plus de 100,000 personnes.
Dès lors, le culte de Fatima se répandit comme un torrent. Ce sont des 400,000, des 500,000 pèlerins qui allaient affluer à la Cova aux grandes dates du 13 mai et du 13 octobre. Pas tous en voitures. Fatima garde son caractère de prière et de pénitence. Il est des pèlerins qui font des 200, des 250 milles à pied, prenant toute une semaine pour s'y rendre en priant et en méditant. Un grand nombre font au moins les derniers milles à pied, plusieurs nu-pieds, portant leurs chaussures pendues à leur cou.
Le Portugal consacré à Marie
Le 13 octobre 1931, tous les évêques du Portugal, assemblés à Fatima, consacrèrent solennellement le Portugal au Coeur Immaculé de Marie. Cette consécration allait valoir au Portugal la préservation de la guerre civile déclenchée par les communistes en Espagne, qui ensanglanta ce pays pendant deux années, et aussi de la seconde guerre mondiale de 1939 à 1945.
On s'était converti en nombre au Portugal, On avait écouté le message de Marie, et le Portugal fut protégé. Mais on ne peut en dire autant du reste du monde, et une deuxième guerre mondiale, pire que la première dans son déroulement et dans ses effets, allait confirmer la véracité des paroles de Marie : « Si les catholiques ne se convertissent pas, il y aura encore la guerre et la Russie répandra ses erreurs sur le monde ».
Pie XII
Le 10 février 1939, le Pape Pie XI mourait au Vatican. Neuf jours plus tard, avant même l'ouverture du Conclave pour l'élection d'un nouveau Pontife, le saint pape Pie X, mort depuis 25 ans, apparut au cardinal Eugène Pacelli, celui-là qui avait été consacré évêque le jour et à l'heure même où Marie faisait sa première apparition à Fatima. Pie X annonça à Eugène Pacelli qu'il serait l'élu du conclave — ce qui arriva le 2 mars suivant, et Pacelli prit le nom de Pie XII. C'est lui qui allait canoniser Pie X en 1954. Dans cette même vision du 19 février, le futur élu apprenait que « une terrible tourmente tomberait sur l'humanité sous son pontificat ».
Voilà beaucoup de surnaturel, n'est-ce pas ? Dans ce même mois de février, Lucie écrivait à l'Évêque de Leiria une lettre, dans laquelle elle disait que la guerre prédite par Notre-Dame était proche, que Dieu laverait les nations dans leur propre sang, que l'Espagne avait déjà eu sa punition, mais que le Portugal serait épargné par la protection de Marie.
La seconde grande guerre mondiale éclatait sept mois plus tard ; elle allait durer six ans.
Le 2 décembre 1940, Lucie écrivit une autre lettre, au Pape Pie XII cette fois. Elle y disait: « Notre-Seigneur promet une protection spéciale à notre patrie pendant cette guerre, en réponse à la consécration que leurs excellences les prélats portugais ont faite de la nation au Coeur Immaculé de Marie ». Dans cette même lettre, Lucie demandait des prières dans le monde entier pour la conversion de la Russie et affirmait que, si le Pape voulait un signe, il avait, au Portugal, un exemple de ce que le Coeur Immaculé de Marie réservait au monde.
Pie XII, qui fut véritablement le Pape de Fatima, consacra le genre humain au Coeur immaculé de Marie le 31 octobre 1942, consécration qui fut renouvelée solennellement le 8 décembre suivant, dans la Basilique du Vatican, en présence de 40,000 fidèles.
La Vierge pèlerine
La guerre finit en 1945, mais les hommes ne se convertirent pas encore, et le communisme déborda de la Russie, dominant politiquement onze autres pays d'Europe. En 1950, c'est la grande Chine qui passerait au communisme, menaçant de ce fléau tout le sud-est asiatique.
Pie XII pouvait écrire en 1947: « Les hommes doivent se préparer à des souffrances telles que l'humanité n'en a jamais eues . . . Le sablier du temps s'écoule, tandis que l'humanité est face au moment de la suprême décision : sa propre destruction ou la survie ».
Ce n'est pas la protection de Marie qui nous est refusée, ce sont les hommes qui ne veulent pas répondre à ses demandes.
Cependant, une idée émise par un jeune Oblat, le Père Demoutiez, qui servait dans l'armée belge en 1945, avait trouvé des adhérents, et passait à la réalisation en 1947: un pèlerinage de la statue de Notre-Dame-de-Fatima autour du monde, pour faire oublier les haines soulevées entre les nations. Ce qu'on allait appeler la « Route Mondiale de Notre-Dame », ou encore « Pèlerinage de merveilles à travers le monde », car ce fut bien cela. Sur tout le parcours de la Vierge pèlerine, les merveilles succédèrent aux merveilles, signes sur la terre, signes dans le ciel, miracles, conversions, ennemis réconciliés, frontières abaissées, armes déposées ; et partout, des foules priant, chantant, acclamant la Reine si belle, la Mère si bonne, la si généreuse Dispensatrice des grâces.
Citons, à titre d'exemples, quelques faits extraits de « Fatima et les destins du monde », par le Chanoine Barthas.
Conversions innombrables
Lorsque la statue de Fatima passa à Madrid, capitale de l'Espagne, des foules de cent mille, deux cent mille personnes vinrent la vénérer. L'année suivante (mai 1948) allait avoir lieu le Congrès Marial de Madrid, et l'Archevêque de Madrid obtint de l'évêque de Leiria la statue de la Capelinha de Fatima pour présider ce Congrès. La statue fut alors portée en procession dans toutes les rues de Madrid. On ne parlait que de Notre-Dame dans tout le diocèse.
L'évêque déclara qu'il donnerait facilement ses 25 années d'apostolat pour ces neuf journées mariales. Miracles et conversions innombrables. Des communistes obstinés depuis la guerre civile revenaient à Dieu. Les prêtres ne quittaient pas les confessionnaux. Les curés des faubourgs rapportèrent que 40 pour cent des pénitents venus à confesse ne l'avaient pas fait depuis quinze, vingt ou trente ans.
Frontières abaissées
Partie de Fatima le 13 mai 1947, la Vierge pèlerine arrivait à la frontière espagnole le 17 mai. Elle la trouva, pour son passage, couverte d'une immense gerbe de fleurs, sur toute la largeur de la route, et surmontée d'un arc de triomphe également fleuri.
Jusqu'alors, les relations entre l'Espagne et le Portugal avaient souffert d'un passé de sept siècles, dont trois de guerres, puis quatre d'antipathie. A partir du passage de la Vierge, Reine de la, paix, les relations se sont améliorées jusqu'à devenir l'amitié totale d'aujourd’hui.
Pour aller d'Espagne en Hollande, où on l'attendait, la Vierge pèlerine devait traverser la France. Or, depuis onze années, c'est-à-dire depuis le déclenchement de la guerre civile d'Espagne par les communistes' en 1936, il était interdit de traverser la ligne frontière sur le pont de la Bidassoa, entre l'Espagne et la Fran- ce. Pas un homme, pas un colis n'était passé dans un sens ou dans l'autre.
La statue, venant d'Espagne, s'engagea sur le pont, portée par l'évêque espagnol de Vittoria, avec une escorte de ses fidèles. Du côté français, l'évêque de Bayonne, avec une escorte de ses fidèles, s'engagea sur la partie française du pont, pour recevoir la Vierge pèlerine. Les deux groupes s'avancèrent jusqu'à la ligne médiane. Des deux côtés de la frontière, on est en pays basque et catholique. Et c'est en langue basque que les fidèles du diocèse de Vittoria et ceux du diocèse de Bayonne chantèrent à pleine voix leurs acclamations à Marie. Eux ne se regardaient pas en ennemis comme leurs gouvernements respectifs ; ils étaient frères, frères par le sang, frères par la langue, frères par la religion, frères par la même dévotion à la même Mère, et ils le manifestaient avec élan.
Les garde-frontières de l'un et l'autre pays eurent beau essayer de calmer ces effusions, rien n'y fit. On se touchait, on s'embrassait à travers la ligne fatidique. Et lorsque, à travers cette ligne, l'évêque espagnol eut remis la Vierge pèlerine entre les mains de l'évêque français, Basques d'Espagne et Basques de France pouvaient conclure : Maintenant que la Mère a passé, les enfants passeront bien, eux aussi !
De fait, quelques semaines plus tard, l'interdiction tombait officiellement, et les relations entre les deux pays se sont progressivement améliorées depuis.
La statue fit un stage à Lourdes, puis fut portée à Maëstricht (Hollande), où elle présida à un Congrès marial pour les fidèles de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg. C'est pendant le séjour de la Vierge pèlerine en ces Lieux que fut signé, le 5 septembre 1947, le traité du Bénélux, tendant à supprimer les frontières économiques entre les trois pays.
Inde et Pakistan
La Vierge pèlerine traversa les pays d'Afrique, puis pénétra en Asie. De novembre 1949 à août 1950, elle fit des merveilles dans l'Inde et le Pakistan.
Cette vaste péninsule, de 500 millions d'habitants, est peuplée de musulmans et d'Hindous, le race et de culture différentes, qui ne s'entendaient point entre eux. Les frontières étaient mal définies entre l'Inde bouddhiste et le Pakistan musulman. Dans les villages à population mêlée, on se tuait comme des chiens, a dit une missionnaire.
Dès que la Vierge prit pied dans la presqu'île indoue, à Goa, ces massacres diminuèrent, puis cessèrent.
Restait la guerre militaire entre l'Inde et le Pakistan ; mais pendant que la Vierge parcourait l'Hindoustan, au milieu de manifestations ferventes tant des non-chrétiens que des chrétiens, la paix fut signée entre les deux nations, temps pour que le train portant la Reine de a Paix puisse traverser la frontière de l'Inde m Pakistan.
Une escale à Rome
La blanche pèlerine rentrait au Portugal en août 1950. Elle en repartait en octobre, pour Australie et l'Extrême Orient (Thaïlande et Singapour).
C'est le 29 octobre qu'elle fut replacée à bord l'un avion. Le trajet comportait une escale à Rome, pour les solennités de la déclaration du dogme de l'Assomption (1er novembre 1950). Elle allait demeurer là trois jours.
C'est à cette occasion que Notre-Dame de Fatima voulut signaler son appréciation du geste par lequel Pie XII l'avait couronnée Reine de a Paix: Le miracle du soleil du 13 octobre 1917 fut renouvelé pour le Souverain Pontife les 30 et 31 octobre et le ler novembre. Des jardins du Vatican, Pie XII put contempler ce phénomène l'heure où le soleil se trouvait du côté de Casaletto, couvent qui abritait la statue.
A Sidney
En Australie, pendant un premier séjour de a Vierge pèlerine, tous les diocèses furent parcourus, sauf celui de Sidney. Sur les instances lu cardinal Gilroy, archevêque de cette ville, e11e y fut ramenée à partir de Timor. C'est donc plusieurs mois après le reste de l'Australie que La grande ville de Sidney reçut Marie.
Par une concordance qui n'avait nullement été calculée, la Vierge pèlerine entra à Sidney Le jour même où l'Année sainte était solennellement clôturée à Fatima même, par décision de Pie XII.
Ainsi, le 13 octobre 1951, pendant qu'un million de pèlerins étaient assemblés à Fatima autour du légat du pape, des centaines de mille autres acclamaient Marie aux antipodes, assistant à une messe pontificale dans le vaste stade de Sidney. Comme l'a écrit le Chanoine Barthas, « un courant de prière, allant d'un antipode à l'autre, encerclait pour ainsi dire la terre entière dans un puissant embrassement de paix et d'amour ».
En Terre Sainte
Terminons ces récits concernant la Route Mondiale de la Vierge pèlerine par cet extrait d'une brochure de l'abbé R. Payrière, « Fatima, le signe du ciel ».
Bénite par Notre Saint Père le Pape Pie XII, qui a célébré la messe devant elle, une statue de Notre-Dame-de-Fatima, dont le chapelet a été fabriqué des mains mêmes de la voyante Lucie, a été placée dans la grotte de Bethléhem le jour de Noël 1951; portée en procession à trois reprises dans Nazareth pour implorer la pluie, qui tomba en abondance_ les trois nuits suivantes. Couchée toute la nuit du Jeudi-Saint sur le rocher de Gethsémani où Jésus souffrit sa terrible agonie, elle parcourut tout le chemin de la Passion jusqu'au Golgotha le Vendredi-Saint, et elle reposa dans le Saint Sépulcre le Samedi-Saint et la nuit de Pâques. Le jour de l'Annonciation, à Lorette, 33 messes furent célébrées devant la statue dans la maison qu'avait habitée la Sainte Famille.
Le prodige des colombes
Lors du 25e anniversaire des apparitions, eu 194e, un gigantesque cortège accompagnait h Vierge portée de Fatima à Lisbonne, distancé de 94 milles. Une personne de la ville de Bombarral lâcha cinq colombes pour honorer le passage de la Reine de la Paix. Au lieu de se disperser dans le ciel, ces colombes vinrent se poser au pied de [a statue. Elles y restèrent, malgré la foule et le bruit, durant des jours, tout au cours des longues processions à Lisbonne et dans d'autres localités.
Ce prodige s'est renouvelé plusieurs fois, en divers pays, au cours des déplacements de la Vierge pèlerine. Ainsi, par deux fois sur des routes françaises, près de 1a-frontière espagnole, me dizaine de colombes tinrent fidèlement compagnie à la Vierge pèlerine se rendant d'une paroisse à une autre. Les journaux de Perpignan mentionnèrent le fait et en publièrent des photographies.
On a aussi vu parfois les colombes se placer, non plus près de la Vierge, mais sur des personnes ayant un rôle à jouer dans les cérémonies. Ainsi, à Paris, dans une assemblée mariale au Parc des Expositions, le 8 décembre 195e, un ex-leader communiste anglais converti et devenu apôtre de Fatima, Hamish Fraser, allait faire un discours qu'il résumait ainsi : « Je ne vous dis pas que je crois que les communistes se convertiront, je vous dis que je le SAIS ». Une colombe, apportée dans la salle par un auditeur, alla survoler l'estrade des orateurs et se posa sur la tête le M. Fraser. Elle y resta plusieurs minutes, à la vue de tout le monde, comme pour, confirmer l'avance ce qu'il allait dire concernant la conversion des communistes. Des journaux en publièrent la photographie. Une copie de cette photo a paru dans le livre du Chanoine Barthas, Fatima et les destins du monde », auquel cous avons largement puisé pour l'article présenté ici.
Concluons par quelques phrases du cardinal-archevêque de Lisbonne :
« Fatima est une explosion de surnaturel. « Fatima est devenu l'espérance de toutes les nations. Il n'est pas exagéré d'appliquer ici la parole du poète : « Une grande espérance a traversé les Cieux ».
« Il est incontestable que Notre-Dame de Fatima a conquis le Portugal, mais nous pouvons ajouter qu'elle va conquérir le monde ».
Certes, la conduite du monde moderne, son néopaganisme, son rejet de Dieu, son matérialisme et sa corruption, seraient plutôt de nature à nous faire perdre tout espoir. Mais il y a Marie.
Comme l'a écrit l'abbé Payrière :
« Entre la colère du Père Céleste et l'humanité coupable, il y a le Coeur d'une Mère. Et ce Coeur de la Mère triomphera . . . d'autant plus vite que nous lui rendrons le culte et les hommages exceptionnels qu'il réclame et que Dieu veut ».
LOUIS EVEN