Pierre Elliott-Trudeau
Candidat Premier Ministre ?
Marqué du signe de la Bête
Marquera-t-il du même signe la législation canadienne ?
"Pas à la tête, mais à la porte du parti libéral!"
Les libéraux se donnent un nouveau chef fédéral cette année. Pour succéder à Lester Pearson. Lui succéder, pas nécessairement comme premier ministre, mais plus probablement comme chef de l'Opposition à la toute prochaine élection générale.
Dans le parti libéral, on ne manque pas d'aspirants à la chefferie. Des gens qui se croient qualifiés pour conduire le navire de l'État sur une mer où des puissances non élues font le calme et les tempêtes, les périodes de vaches grasses et de vaches maigres à leur gré, sans convoquer de congrès et sans se soumettre à un verdict d'urne électorale.
Mais pour le choix du chef, il y a élection —pas par le peuple, mais par des membres du parti qui ont d'abord joué assez pour se faire choisir comme délégués par les libéraux de leur région. Beaucoup de sollicitations déjà, beaucoup de promesses, de combines, d'alignements d'influences, dans ces premiers choix régionaux. Et beaucoup plus encore parmi ces délégués pour le choix du chef.
Les aspirants se font valoir tant qu'ils peuvent: l'humilité, la modestie n'ont pas leur place dans cette course à la chefferie ; la prière, la retraite fermée, non plus. Aucun aspirant, d'ailleurs, ne se considère comme gravissant une montagne de calvaire pour le salut de son pays.
Une quinzaine de concurrents. Plusieurs d'entre eux, des ministres dans le cabinet Pearson. Dans le cabinet, ils étaient liés par la solidarité ministérielle ; mais dans la lutte pour le sommet des sommets, chacun est contre chaque autre. Ministre ou non, chacun a son équipe, son groupe de promoteurs pour exalter leur homme, lui trouver ou lui inventer toutes les qualités, cabaler pour lui, le prémunir contre tout faux-pas possible, couvrir ou réparer toute gaffe qu'il peut commettre.
Mais dans cette campagne 1968 pour le leadership du parti libéral, si chaque concurrent a son équipe, il en est un qui, en outre, a bénéficié spécialement des faveurs de ce qu'on appelle les « mass média » — de la machine à fabriquer des réputations : colonnes des journaux, tribunes de la radio et de la télévision ; appui de groupements de toutes sortes, sous toutes sortes de noms, tous chargés de forces de gauche, forces communistes ou forces maçonniques.
Quel est le nom le plus mis en vedette, surtout dans les organes de langue française ? Tout le monde le sait : c'est le nom de Pierre-Elliot Trudeau. Pourquoi ? Sûrement pas à cause de nombreuses années de service à la cause du parti libéral. En 1963, il traitait les libéraux d'idiots. Ce qui ne l'empêche pas, cinq ans plus tard, de chercher à être le chef suprême de ces « idiots » !
Serait-ce à cause de son attachement et de son dévouement aux valeurs chrétiennes et civilisatrices du Canada, que la machine à fabriquer des vedettes le présente comme un choix désirable pour diriger les destinées du pays ? Son passé, celui qu'il a lui-même tissé, parle plutôt dans le sens contraire.
C'est en 1940 que Pierre-Elliot Trudeau émerge de l'obscurité. Sous un Canada en guerre. Cette année-là, Trudeau est chassé du Corps de Formation d'Officiers, pour manque de discipline. Le révolutionnaire bourgeonnait déjà en lui.
Mais ce n'est pas un révolutionnaire à bombes ou à couteau entre les dents, qui sera sa vocation : cela c'est pour les instruments, pour les bras, non pas pour les cerveaux de la révolution. Et Pierre-Elliot Trudeau se classe « cerveau ». En 1945, il entre à l'Université d'Harvard, bouillon de culture d'intellectuels de gauche qui empoisonnent les États-Unis.
En 1947, il va se parfaire à l'École Économique de Londres, institution qui fut largement financée par des donations de gauchistes, comme Ernest Cassell, en vue de former des experts socialistes capables d'occuper des postes de commande dans tous les gouvernements du monde, surtout du monde anglo-saxon, Canada y compris. Pierre-Elliot Trudeau a connu là le fameux professeur marxiste Harold Laski, qui, dit-il, est « l'influence la plus stimulatrice et la plus puissante » qu'il ait rencontrée.
De retour au pays, à Montréal, en 1951, Trudeau lance la revue « Cité Libre », premier coup de pioche contre l'édifice chrétien de la province de Québec. Cité « libre » — un Québec à libérer de toute influence sacerdotale, à déconfessionnaliser dans ses syndicats, dans ses écoles, dans toutes ses institutions publiques. Et qui furent les associés de Pierre-Elliot Trudeau dans cette démolition par la plume ? Gérard Pelletier dès la fondation ; puis des « rouges » pur-sang : le professeur Raymond Boyer, convaincu d'espionnage soviétique dans le procès de l'affaire Gouzenko ; Stanley Ryerson, théoricien en vue du parti communiste canadien et rédacteur de la « Marxist Review » ; Pierre Gélinas, rédacteur du journal communiste « Combat » et directeur pour Québec de l'AgitProp (agitation et propagande) du parti communiste.
En 1952, Pierre-Elliot Trudeau conduisait à Moscou, pour une conférence économique, une délégation dite d'hommes d'affaires, qui s'avéra une délégation de communistes canadiens. Les articles pro-soviétiques qu'il publia à son retour le firent qualifier de communiste dans « Le Droit » d'Ottawa et dans « L'Action Catholique » de Québec.
En 1953, Trudeau se vit refuser l'entrée aux Etats-Unis, comme « inadmissible », sans doute à cause de ses affinités communistes qu'il n'était plus possible d'ignorer. Et c'est ce type-là que certains voudraient hisser au sommet de la politique du Canada !
En 1955, Pierre-Elliott Trudeau essaya de former dans Québec un rassemblement de tous les groupes de gauche, un « front uni ». Mais Trudeau fut jugé trop à gauche, même par le parti CCF d'alors (aujourd'hui Nouveau Parti Démocratique). Or, c'est cet homme, ce Trudeau trop à gauche pour le parti de gauche, qui allait être accueilli dix ans plus tard par le parti libéral, qui allait en devenir une des figures de premier plan ! O histoire !
Mais en attendant, Trudeau devait encore manifester le fond de son personnage rouge. En 1960, il conduisait une délégation communiste, à Pékin cette fois, pour célébrer la victoire des Rouges, imposant leur pouvoir à la grande Chine continentale.
Entretemps, le communiste Castro s'est installé à la tête du gouvernement de Cuba. Il faut lui rendre hommage. Trudeau veut le faire par un geste remarquable. Il part de la côte des États-Unis en canot, ramant avec ferveur vers Cuba. Mais avant qu'il franchisse la limite des eaux américaines, il est arrêté par un garde-côte de Key West et re-déporté au Canada.
En 1961, les dirigeants marxistes et socialistes du Nouveau Parti Démocratique publiaient un manuel intitulé « Social. Purpose for Canada », destiné à être pour le parti socialiste N. P.D. ce qu'avait été dans les années '30 le « Social Planning for Canada » rédigé par les intellectuels du CCF. Un chapitre de ce nouveau manuel a été composé par Pierre-Elliott Trudeau. Il y montre Mao-Tse Tung, chef rouge de la Chine, comme un maître à imiter :
« L'expérience de ce stratégiste de grande classe, Mao-Tse-Tung, peut nous amener à conclure que, dans un pays vaste et hétérogène, la possibilité d'établir des châteaux-forts socialistes dans certaines régions est la meilleure chose à faire ».
Trudeau n'est pas séparatiste. Nous non plus. Mais pas pour la même raison. Nous voulons être chez nous dans un grand pays libre, d'un océan à l'autre. Trudeau, lui, veut un grand pays socialiste, et il juge que c'est plus facile d'y arriver avec une tête socialiste en commande à Ottawa. Dans son livre « La Pratique et la Théorie du Fédéralisme », il écrit, page 373 de l'édition anglaise, (nous traduisons) :
« Le Fédéralisme doit être bienvenu comme un instrument de valeur permettant à des partis dynamiques de planter des gouvernements socialistes dans certaines provinces, d'où la semence du radicalisme peut graduellement s'étendre ».
La «semence du radicalisme ». Radical, c'est cela Trudeau, un radical, un intellectuel radical, un intellectuel révolutionnaire.
En 1962, sous la pression d'étudiants de gauche dont il alimentait la ferveur, Trudeau obtint un poste de professeur à l'Université de Montréal. Université qui devint vite un incubateur de pro-Castros.
C'est en 1965, il y a donc seulement trois ans, que Trudeau décida de joindre le parti libéral —ou plutôt de se servir du parti libéral pour se propulser à un pouvoir politique qui lui permettrait de façonner un Canada à la Castro ou à la Mao, au moins tel qu'il le concevait dans son esprit depuis une quinzaine d'années.
Et l'on vit la machine fabricatrice de vedettes exalter le trio rouge Trudeau, Pelletier, Marchand, comme artisans de rajeunissement du parti libéral, qui allaient délivrer le parti de sa vieille garde et accélérer la marche vers le progrès — le progrès rouge, évidemment, même sans le dire.
Dès 1966, Pearson faisait de Trudeau, ce nouveau-né dans le parti, son Secrétaire parlementaire. Et en 1967, il le nommait au ministère important de la Justice.
Grande réjouissance pour les communistes, non seulement du Canada, mais du monde entier, cette ascension fulgurante d'un des leurs à un poste-politique élevé d'où il pourrait faire beaucoup pour eux au Canada. Le fondateur du Comité communiste pour la Liberté de Cuba, le professeur communiste Kenneth McNaught, pouvait bien déclarer avec un sentiment de triomphe : « Le sort politique de Trudeau pourra bien être le sort politique du Canada. » Ce qui signifiait un Canada communiste.
Quels Libéraux encore sensés peuvent songer à se donner comme chef un homme qui devrait être mis à la porte du parti comme un danger mortel ?
A peine devenu ministre de la Justice, Trudeau rêvait déjà de faire- de son ministère un organe pour la planification socialiste du Canada. Un communiqué publié par lui-même, dans le Toronto Star du 25 avril 1967, dit en effet :
« La Justice doit être regardée de plus en plus comme un département de planification pour la société de demain, et pas seulement comme un bureau de conseillers légaux du gouvernement.»
Une telle conception du ministère de la Justice pourrait convenir à un ministre de pays communiste, mais certainement pas à un ministre du gouvernement canadien.
Trudeau à la tête du parti libéral ? Nous ne sommes ni de ce parti ni d'un autre; mais à titre de citoyen d'un pays encore libre, nous répondrions : Non, pas à la tête, mais à la porte du parti !
Et ce n'est pas tout. C'est avec une puanteur de Sodome que Pierre-Elliot Trudeau courtise le poste de chef du parti libéral fédéral. Il a, en effet, présenté à la Chambre son bill « omnibus ». Omnibus, parce que ce bill couvre des amendements à plusieurs sujets du code criminel. Trudeau les met ensemble pour faire passer, dans un même vote, le neutre et le mauvais. Deux points du bill omnibus devraient marquer de honte le ministre de la Justice et feraient rejaillir cette honte sur le Canada s'ils étaient adoptés. L'un légalise l'homo-sexualité. L'autre permet l'avortement dans certains cas, légalisant ainsi le meurtre d'êtres humains innocents.
Les Évêques ont déclaré que ce permis à l'avortement ne peut être accepté par des catholiques. Il ne peut l'être, non plus, par des chrétiens qui, sans être catholiques, se réclament de la doctrine du Christ, ou même de la simple loi naturelle. Mais Trudeau veut que les députés votent son bill selon la ligne du parti, et non pas selon leur conscience.
Voilà Trudeau. Trudeau marqué du signe de la Bête. Va-t-on lui permettre de marquer du même signe la législation canadienne ? Que saint Michel nous en préserve, même s'il doit tirer son épée, comme il l'a déjà fait plus d'une fois dans l'histoire, pour protéger des peuples qu'il aime contre la pourriture et la domination de Satan !
Louis Even