Qui a gagné la dernière guerre mondiale?

 

Les grands voleurs

 

Les peuples sont dépouillés de leurs victoires

 

Nous nous battons pour consolider le système bancaire

 

 

Sous le titre « The Winners », dans « Credit Notes » de juillet 1967, George Hickling montre qui a gagné la dernière guerre mondiale, comme d'ailleurs la première et bien d'autres. Les gagnants sont du même ordre au Canada et dans tous les pays civilisés, pays soumis à la même dictature financière. Les montants varient selon les pays, mais le mécanisme de vol est le même ; dans bien des cas aussi, les grands voleurs sont les mêmes, car ces gens ont des tentacules dans tous les pays. Les chiffres donnés par Hickling se rapportent à la dette publique de l'Angleterre.

 

Énorme dette nationale

 

            Considérez la dette nationale, d'environ 30 milliards de livres sterling (150 milliards de dollars au cours actuel du change).

Peu d'entre nous s'arrêtent à penser que nous avons fait les deux dernières guerres pour consolider cette dette énorme entre les mains des créanciers. Eux seuls sont sortis de la guerre gagnants.

 

            Bien des gens ne s'en sont pas aperçus alors, évidemment, mais c'est cela : quelqu'un nous mettait tous en dette pour ce montant pendant que nous nous battions. Ce qui saute clairement aux yeux aujourd'hui, pour quiconque prend vue des résultats, c'est que celui ou ceux qui nous ont joué ce tour ont réellement gagné la guerre, ou plutôt les fruits de la guerre, car eux ne l'ont pas faite.

 

            Le peuple a véritablement été dépouillé de la victoire, parce que nous avons tous à payer, tous  les jours, le privilège d'avoir gagné les guerres.

 

            L'histoire nous apprend que les maisons financières de Londres prêtèrent de grosses sommes d'argent aux deux camps qui se battaient l'un contre l'autre à Waterloo, il y a 152 ans.

 

            A l'école, on lit que l'armée britannique gagna cette bataille.

 

            Mais le fait, c'est que les Français paient encore en taxes, aux maisons financières de Londres, l'intérêt sur les sommes prêtées à leur gouvernement sous Napoléon Bonaparte. Et pareillement, nous de Grande-Bretagne, nous payons chacun en moyenne environ 6 shillings d'intérêt annuel sur l'argent prêté à notre gouvernement d'alors par les mêmes maisons financières de Londres pour équiper les troupes de Wellington.

 

            Le vainqueur et le vaincu paient au même guichet.

 

            Alors, qui donc gagna cette guerre ?

 

            Il n'en va pas autrement des guerres récentes. Nous sommes-nous donc battus pour consolider le système bancaire ? Nous l'ignorions à ce moment-là, mais c'est exactement ce que nous avons fait. Des millions de personnes ne le savent pas encore, même après toutes ces années !

 

            Pendant que nos hommes défendaient le pays, le système bancaire était paisiblement occupé à compter le prix financier de tout, de chaque paire de bottes qui s'usait, de chaque chemise, de chaque lacet de cuir, de chaque cartouche mise à feu, de chaque biscuit consommé. Si un bateau faisait naufrage, ou si l'ennemi faisait sauter une de nos batteries, le système bancaire en comptait le coût.

 

            Chaque once de poudre, chaque avion, abattu, chaque camion, chaque char d'assaut, chaque plaque d'identité, — les préposés aux comptes se penchaient sur les chiffres, additionnant le tout pour le système bancaire. Et le total était placidement enregistré par les banques comme leur étant dû.

 

            On comptait bien aussi le nombre des estropiés et des blessés, mais aucune somme n'était créditée pour compenser ces pertes de sang et de membres.

Compté aussi le nombre de ceux qui mouraient, mais là non plus aucun montant crédité à la nation ainsi décimée par la guerre.

 

            Même les pensions allouées aux dépendants des morts et des estropiés furent marquées comme dettes à payer par le peuple.

 

            A QUI ? AUX BANQUES.

 

            Et ainsi, après avoir gagné les guerres, le peuple anglais doit au système bancaire 30 milliards (150,000 millions de dollars). Dette nationale. Dans le budget annuel de la nation, il n'y a pas de crédit, rien que de la dette.

 

            Nous avons tous été trichés, et nous le sommes encore. Et à couse de ce truc, manoeuvré par les banques et avec la connivence des politiciens, nous avons été mis en dette pour notre propre crédit. Le tribut qu'on nous demande de payer aux banques est de plusieurs millions de livres par jour.

 

            Avec une comptabilité honnête, le montant de la dette nationale serait crédité au peuple, et non comme maintenant débité contre lui.

 

George HICKLING

 

            Toujours et partout

 

            Le même système vole le peuple, non seulement en temps de guerre, mais toujours et partout. S'il endette le peuple qui sue, souffre et meurt pour son pays en guerre, il endette également le peuple qui sue, souffre et peine pour développer son pays en temps de paix.

 

            Qui construit des routes ? Qui bâtit des églises, des hôpitaux, des écoles ? Qui érige des barrages pour harnacher la force des eaux tombantes ? Qui nourrit ceux qui bâtissent ? Qui les habille et pourvoit à leurs autres besoins ? Le peuple lui-même fait tout cela. S'il utilise à cette fin des matériaux ou de la machinerie qu'il ne produit pas lui-même, il les obtient en contrepartie de surplus domestiques fournis à l'étranger.

 

            Après cela, ces enrichissements, fruit du travail de tous, de ceux qui les produisent et de ceux qui fournissent ce qu'il faut à ceux qui les produisent, ces enrichissements publics doivent bien être la propriété du peuple, n'est-ce pas ? Eh bien,, non. Le peuple va pouvoir les utiliser, mais pas en propriétaire. On l'astreint à les payer, et plus que leur prix, au système bancaire, par annuités ou mensualités interminables.

 

            Produit du peuple, mais dette publique due aux banques par le peuple. Aux banques, qui traitent le crédit financier mis en oeuvre comme s'il était leur propriété, alors que ce crédit financier n'est que l'expression chiffrée de la capacité de production de la communauté. Véritable propriété de la communauté, donc, ce crédit financier, mais accaparé par les banques et libéré seulement sous forme de dette.

 

            Dette publique, dette nationale, dettes provinciales, dettes municipales, dettes scolaires, dettes de fabrique, parce qu'un mécanisme de vol, légalisé par l'ignorance ou par la trahison des gardiens de la nation, oblige le peuple à s'endetter pour l'usage d'un bien qui lui appartient.

 

            La dette publique, que l'on fait payer en taxes croissantes par tous, directement ou indirectement, n'a logiquement, ni moralement, aucune raison d'être. C'est une escroquerie monumentale, oeuvre du présent système bancaire et des gouvernements désespérément aveugles ou criminellement complices qui permettent la perpétuation d'un vol aussi manifeste.

 

            Asservissement total

 

            Et ce n'est pas seulement par l'endettement du peuple à l'occasion de guerres ou de travaux publics que le système dicte ses volontés au peuple et le vole du fruit de son travail, de son héritage et des richesses naturelles que Dieu lui a 4 données. C'est le même ravage dans toute la vie économique, même dans les activités en vue des biens de consommation réclamés par les besoin humains.

 

            Dans notre monde moderne, la production un caractère de coopération, en ce sens que personne ne produit pour lui-même tout ce qu' lui faut.

Le travail est très divisé. Les parties viennent de divers producteurs, parfois de loin, pour le produit fini.

 

            A cause de cela, l'entrepreneur doit mobilise diverses contributions en vue d'un produit final. Mobiliser de la main-d'oeuvre, obtenir de la matière première, outiller son établissement. Toutes choses qui nécessitent des dépenses en argent en crédit financier avant de pouvoir mettre 1 produit sur le marché. Il faut donc aux entreprises des « avances de crédit financier ». Or, tout sortie de crédit financier nouveau émane de banques et, actuellement, sous forme de dette e à des conditions imposées par le banquier. Pour tant, là encore, il s'agit de simple expression chiffrée d'une capacité de production provenant de richesses naturelles, de savoir-faire, d'effort conjugués de la part des diverses compétence de la communauté. Donc, d'un crédit social donc d'un bien communautaire.

 

            Or, le banquier traite ce bien communautaire comme si c'était sa propriété, la propriété de la banque et non de la communauté. Il peut refuser, ou il peut accorder et conditionner les avances de ce crédit de la communauté. Les frais financiers s'ajoutent aux frais propres de la production. Les prix s'en ressentent. Le coût de la vie monte. L'inflation a sa première source dan le système bancaire. Cette hausse des prix pro vogue d'autres hausses en chaîne dans le secteur salaires et dans le secteur taxes.

 

            C'est le peuple qui finalement fait les frais d'un système financier accapareur quand il devrait être serviteur, dictateur de l'économie quand il devrait lui être assoupli.

 

            Le système n'est ni logique, ni social, ni honnête. Évidemment, pas chrétien. Et pourtant, a ses défenseurs chez ceux qui devraient banni le vol, l'injustice. Défenseurs qu'on trouve dan la politique, dans le haut enseignement, et jusque dans des milieux ecclésiastiques. Il n'y pourtant pas besoin de loupe pour voir ce que le système a d'odieux, avec rien d'évangélique.

 

            Sans même avoir besoin de le disséquer, d l'analyser, il suffit d'en noter les résultats. On connaît l'arbre à ses fruits. Lorsqu'il faut de guerres à poursuivre, des dégâts de tremblements de terre ou d'inondations ou d'incendie à réparer, pour apporter du travail et des revenus aux familles, et lorsqu'une ère de paix et d production abondante cause des privations aux familles et des maux de tête aux autorités, il y de quoi donner la nausée. La cause n'en est sûre ment pas dans les forces de la nature, ni dan une incompétence ou un refus d'agir de la par des producteurs, ni dans l'absence de possibilité physiques de transport. Elle est uniquement dans le système financier.

 

            On pourrait en écrire long sur ce chapitre —sans oublier la corruption de toute la vie économique, obligeant pour ainsi dire tout le monde à considérer l'argent comme la fin à poursuivre, sous peine de s'exposer à manquer de pain aujourd'hui ou demain, alors même que le pays serait plein à craquer de blé et de tout ce qu'il faut pour soutenir la vie de toutes ses familles. Et que dire de l'effarant gaspillage de richesses, de temps, d'énergies, pour respecter le règlement qui exige une contribution à la production quelque part, même de production extravagante, inutile, voir nuisible, pour avoir accès aux produits offerts sur le marché ? Avec la stimulation de nouveaux besoins pour tenir la production occupée ; avec le matérialisme ainsi développé. En contradiction directe avec l'Évangile.

 

            Quelqu'un a bien justement écrit qu'à notre époque de production mécanisée, motorisée, en voie d'automatisation, la poursuite de l'embauchage intégral du plein emploi n'est pas seulement un illogisme, c'est une perversion. Perversion qui est encore un fruit direct du système financier et de ses règlements.

 

            Il serait autrement logique, autrement juste, autrement conforme au bon sens, conforme aussi au principe de la destination universelle des biens, infiniment plus humain et plus chrétien, de substituer à ce système financier satanique un système selon les propositions énoncées il y a déjà un demi-siècle par l'ingénieur écossais Douglas et connues sous le nom de Crédit Social, mais sans avoir rien à faire avec le parti politique qui profane ce terme.

 

LOUIS EVEN