La Rhodésie et la grande conspiration

 

  

            Les grosses voix mondiales, celles d'hommes en hautes fonctions, celles de la grosse presse, de la radio, de la télévision, sont au service du mensonge, de l'hypocrisie, du lavage de cerveaux. détournant les mots de leur sens, semant la confusion dans les esprits,, utilisait au besoin des slogans à résonance évangélique, pour enrôler les bons eux-mêmes dans le syndicat mondial de la trahison, dans les forces de la révolution.

 

            Les « one-worlders », les animateurs et agents de la conspiration vouée à l'établissement d'une dictature supranationale et luciférienne, voudront-ils profiter de l'affaire rhodésienne pour réclamer une intervention armée de l'ONU ? Et ne pas s'arrêter à la Rhodésie, mais, toujours au nom de la démocratie du « one-man, one vote », subjuguer les deux provinces portugaises de l'Afrique australe et l'Union Sud-Africaine ? Ce serait mettre au service de l'ONU une police mondiale puissamment pourvue en hommes et en armes, en même temps que lui conférer une juridiction absolue sur la politique, intérieure comme extérieure, de tous les pays. Le triomphe de la conspiration maçonnique, qui bénéficie déjà de la dictature financière et du cancer communiste, ne serait pas loin : le règne de Satan sur un monde qui tourne de plus en plus le dos à Dieu.

 

 

            Dans l'Afrique de l'ordre

 

            Jetez un regard sur la carte de l'Afrique. Vous y voyez la Rhodésie située dans la partie australe de ce continent. Elle ne touche pas à l'Océan Indien, mais elle peut y accéder par le Mozambique, province africaine du Portugal. A l'ouest, se trouve une autre province portugaise, l'Angola, sur le littoral Atlantique. Au sud, la Rhodésie a une frontière commune avec l'Union Sud-Africaine baignée par les deux océans.

 

            Les quatre pays mentionnés — le Mozambique, l'Angola, l'Union Sud-Africaine et la Rhodésie elle-même — forment la partie la plus développée, la plus prospère, la mieux ordonnée, la plus stable politiquement, de tout le continent africain au sud du Sahara.

 

            Cette Afrique australe fait contraste avec le spectacle offert par la trentaine de territoires, improprement appelés nations, récemment promus à l'indépendance, où l'on ne compte plus les rébellions, les coups d'État, les successions de dictatures, les meurtres politiques, les guerres tribales, avec accompagnement de ruines matérielles, de tortures et d'exécutions sans procès. Climat de désordre éminemment propice à la poussée du communisme, soit par des agents de l'extérieur, soit par des agitateurs locaux ayant reçu formation et entraînement dans des centres établis à cette fin en Russie, en Tchécoslovaquie, dans la Chine de Mao ou dans le Cuba, de Castro.

 

            Perversion

 

            Pourtant, que constate-t-on? Alors que toutes les voix du monde encore libre devraient à l'envi apprécier la barrière dressée sur le chemin de la subversion rouge par les deux provinces portugaises d'Angola et du Mozambique, par la Rhodésie et par l'Union Sud-Africaine, la presse-à-ordre de toute la planète et les autres grandes tribunes qui contribuent largement à façonner l'opinion publique s'acharnent à dénoncer les gouvernements et les régimes de ces quatre pays.

 

            La "conscience universelle", qui penche toujours du même côté que les stratèges de l'expansion communiste, ne peut souffrir que ces pays soient gouvernés par des blancs alors que les noirs y sont en majorité. En vertu de la formule du suffrage universel (one man, one vote), considérée comme la quintessence de la démocratie, il faudrait qu'une masse, encore inapte à seulement maintenir le niveau économique atteint grâce à l'apport de la minorité, et encore moins capable de maintenir un minimum d'ordre politique, soit admise à désigner entre quelles mains vont être confiées l'administration, la législation, la protection des richesses acquises et la continuation de leur développement.' Ce qui équivaudrait à chasser les bâtisseurs ou à les asservir aux forces de pillage et de destruction. Ce serait la répétition de ce qui s'est passé en Algérie. Ou encore la succession de désordres que le «one man, one vote», vite abandonné pour le droit du plus fort, a valu aux tribus de l'Afrique noire, à la suite de décolonisations prématurées depuis la dernière guerre.

 

            Joaquim Da Silva Cunha, ministre portugais des Provinces d'Outremer, disait fort justement à ce sujet, dans un discours prononcé lors de l'investiture d'un nouveau gouverneur pour l'Angola:

 

 

La décolonisation par la concession de l'indépendance a conduit ce Continent à une situation généralisée de désordre permanent, où les gouvernements n'ont aucune stabilité, où la corruption règne partout, et où l'autorité est incapable de s'exercer.

Le meilleur de ce que l'Europe avait laissé 1à-bas — la paix, la protection sanitaire des populations, l'exploitation progressive et rationnelle des richesses — ou bien a été perdu, ou bien est en danger de se perdre.

La décolonisation réalisée par la voie de l'émancipation s'est révélée être un mythe; car, dépourvus d'autorité réelle, les nouveaux gouvernements ne commandent pas; et dépourvus de capacité technique et de ressources financières suffisantes, ils agissent, même sans s'en rendre compte, sous l'influence de pouvoirs étrangers qui cherchent à imposer sur le continent africain une nouvelle domination qui, elle, ne sera pas de la colonisation, mais un véritable colonialisme.

 

            Par l'Algérie et par l'Égypte au nord, par Zanzibar, la Tanzanie et le Kénya à l'est (et demain par la Somalie), des agents de subversion et des détachements armés de communistes russes, tchèques, chinois, et même cubains, pénètrent dans les anciennes colonies de l'intérieur du continent. Il se trouve actuellement, par exemple, un détachement de 600 soldats cubains jusque dans le Congo ex-français, pour maintenir à Brazzaville le gouvernement communiste qui s'est emparé du pouvoir par un coup d'État il y a une couple d'années.

 

            Dans un article sur la question rhodésienne, paru dans Vers Demain de mai 1966, on citait des exemples d'anarchies et de guerres intestines dans des «nations» africaines qui ne savent pas mettre de l'ordre et un commencement de justice chez elles, mais qui crient à tout l'univers qu'il faut expulser par les armes le gouvernement ordonné et progressif de la Rhodésie. Et ça continue. Tel, le Nigéria, que l'Angleterre considérait comme la plus avancée des colonies africaines émancipées par elle et promues au statut de membres du Commonwealth.

 

            En octobre dernier, des guerriers musulmans du nord du Nigéria ont tué des milliers d'Ibos chrétiens de l'est de ce pays. 10,000 à 15,000 morts, dit-on. Les survivants, poursuivis par de jeunes musulmans fanatiques, entreprirent' alors un exode massif, fuyant vers l'est et le sud, entassés dans des camions ou des trains. Tous leurs biens brûlés ou confisqués. On évalue à 500,000 le nombre des Ibos qui fuient ainsi le massacre. Dans le récit qu'en a fait «Le Figaro » de Paris, du 25 octobre, on lit :

 

« Sur 20,000 chrétiens que comptait la ville de Kana avant cette fuite, il n'en reste plus que 2,000. . . L'hôpital est débordé par des blessés, sauvagement mutilés: garçonnets aux doigts coupés ou aux yeux arrachés, hommes sans mains ou le visage fendu d'un coup de sabre d'une oreille à l'autre. »

 

            Et c'est ce pays qui, avec le Kénya des barbares Maumaus, la Tanzanie et la Zambie offrant accueil et camps d'entraînement à des terroristes en mal avec la justice de leur pays, et avec la branlante Rau (République des Arabes-Unis), forme le Comité des Cinq pour promouvoir le projet d'une invasion de la Rhodésie où règnent l'ordre et le progrès dans la paix.

 

            Réalisations

 

            Sans vouloir répéter ce qu'on a pu lire dans Vers Demain de mai 1966, rappelons seulement quelques points saillants.

 

            Lorsque les 200 premiers colons anglais, après entente avec les chefs noirs locaux, s'établirent dans ce qui est aujourd'hui la Rhodésie, ils trouvèrent une population complètement illettrée, en proie à des épidémies, sans aucune mesure d'hygiène, livrée aux incursions de trafiquants arabes d'esclaves. Aucun système de transport. Aucune agriculture digne du nom.

 

            Il n'y a pas encore 80 ans de cela, et déjà c'est un pays parsemé d'écoles, tant pour les noirs que pour les blancs, avec une université multiraciale et des facilités de s'instruire ouvertes à tous. Des hôpitaux modernes. Protection des gens et de leurs biens contre les pilleurs et les bandits.

 

            Qui peut parler d'exploitation ou d'oppression de la population indigène, quand cette population, de 400,000 en 1890, est aujourd'hui de 4,000,000: décuplée en 67 années.

 

            Le progrès remarquable et rapide de ce pays a été réalisé et financé presque exclusivement par les colons et leurs descendants, aujourd'hui au nombre de 220,000. Sans avoir rien coûté à l'Angleterre. Lorsque la colonie, établie par des particuliers, fit alliance avec l'Angleterre, en 1924, elle garda l'autonomie de son administration, ne conférant à l'Angleterre que ce qui touchait à sa politique extérieure.

 

            Au cours de la dernière grande guerre, l'Angleterre n'a pas eu à fournir un sou ni un homme à la Rhodésie; c'est, au contraire, la Rhodésie qui a fourni des soldats et des aviateurs à l'Angleterre, et parmi eux, l'actuel premier ministre de la Rhodésie, l'Hon. Ian Smith, qui s'enrôla, dans l'Aviation royale britannique et se distingua à l'action.

 

            La Rhodésie n'a jamais fait de mal à ses voisins. Bien au contraire: les deux voisins du British Commonwealth, la Zambie (en ce temps-là Rhodésie du nord) et le Malawi (alors Nyasaland), profitèrent du développement économique de la Rhodésie (appelée à cette époque Rhodésie du Sud). Les trois pays furent même unis en une confédération de 1953 à 1963. Au bout de ces dix années, la Zambie et le Malawi en demandèrent la dissolution. Mais même après cela, des centaines de mille noirs de ces deux pays continuèrent à trouver de l'emploi et un gagne-pain dans des établissements industriels de la Rhodésie.

 

            En 1964, l'Angleterre accorda l'indépendance à la Zambie et au Malawi, mais pas à la Rhodésie. Le premier ministre anglais Harold Wilson s'y est opposé sous la pression des nouvelles nations noires d'Afrique, ou plutôt des agitateurs racistes, nourris d'idées révolutionnaires, qui veulent d'abord voir le gouvernement rhodésien passer des mains des blancs à celles des noirs.

 

            Il n'y a pas de dictature en Rhodésie. Le gouvernement actuel, de Ian Smith, a été dûment élu en mai 1965. Le pouvoir législatif est constitué par un parlement élu. Le pouvoir judiciaire est entre les mains de juges indépendants de l'exécutif, liés seulement par les lois du pays et les faits des cas à juger.

 

            Quant aux conditions pour avoir le droit de vote, elles sont les mêmes pour tous,- blancs, noirs, métis, ou autres. Nullement des conditions de races. Les mêmes d'ailleurs qui furent établies de concert avec le gouvernement de Londres, dans la constitution de 1961.

 

            Accuser la Rhodésie d'être un État policier est pure calomnie. Un Américain, membre de l'American Security Council, Frank Johnson, écrit au sujet d'une caricature voulant présenter le gouvernement Smith comme tenant grâce seulement à des forces de police, écrit :

 

Je rentre d'une visite en Rhodésie, et je puis certifier que c'est le contraire qui est vrai. Les quelques agents de police que j'ai vus sur les rues sont des noirs autant que des blancs, et aucun n'est armé. Ian Smith sort dans sa propre voiture, sans garde de corps et sans le moindre souci de sa sécurité personnelle la plus élémentaire. L'un des plus éloquents témoignages de l'appui africain au gouvernement Smith, c'est peut-être le fait que les terroristes communistes qui veulent pénétrer au pays, après leur entraînement en Zambie, sont soit mis à mort soit signalés aux garde-frontières par la population noire elle-même.

 

            C'est d'ailleurs avec, non seulement l'assentiment, mais l'appui fortement exprimé des chefs de tribus, que, devant le refus persistant du gouvernement de Londres et après des essais de négociations qui n'aboutissaient pas, Ian Smith et son gouvernement décidèrent de proclamer unilatéralement l'indépendance de la Rhodésie.

 

            Satisfaits du traitement de la population noire par le gouvernement de Salisbury, les chefs voulaient qu'il eût pleine autorité pour protéger leurs tribus contre les déprédations, le pillage, les meurtres, le terrorisme exercé, sous couvert de nationalisme, par des agitateurs qui ne sont que des instruments de la conspiration révolutionnaire mondiale. (Voir article de Vers Demain de mai 1966, en page 9, sous le sous-titre «Des agitateurs communistes»).

 

            Depuis la déclaration d'indépendance du 11 novembre 1965, les chefs des tribus ont réaffirmé leur-appui et leur satisfaction. Aussi récemment que le 7 janvier dernier (1967), le chef Simon Sigola envoyait des lettres au secrétaire des Nations-Unies, U Thant, au président américain Johnson, au président français De Gaulle, les invitant à visiter la Rhodésie et à constater personnellement que ce n'est «pas un mauvais pays ni une menace à la paix». Et le 11 janvier, une assemblée du Conseil des Chefs Rhodésiens exprimait sa «profonde satisfaction» du gouvernement au pouvoir pressant le premier ministre Smith de «tenir ferme comme un rocher» contre les pressions de l'ONU, l'assurant de la pleine coopération des Chefs pour oeuvrer «vers un système constitutionnel représentatif de tout le peuple de la Rhodésie, blancs et noirs».

 

            Sanctions économiques

 

            Mais qu'advint-il du côté de Londres à la suite de la proclamation d'indépendance par Salisbury?

 

            Harold Wilson n'osa pas aller jusqu'à envoyer des soldats anglais combattre les Anglais qui ont porté la civilisation en Rhodésie. Mais, pour essayer de calmer les aboyeurs qui réclamaient cette intervention, il leur promit de faire tomber le gouvernement Smith en imposant des sanctions économiques contre la Rhodésie, en l'empêchant de recevoir le pétrole et autres produits d'importation dont elle a besoin, et en refusant les produits qu'elle exporte. Wilson escomptait que l'affamation et le chômage qui en résulteraient susciteraient une révolution de la population blanche et noire de la Rhodésie contre le gouvernement actuel de Salisbury.

 

            L'Angleterre reçut l'appui de plusieurs pays, dont les États-Unis et les pays du Commonwealth. Ce fut un échec. Harold Wilson avait promis à la meute que Smith serait à genoux dans les six mois. Après deux fois six mois, malgré les effets sûrement désagréables des sanctions, la population rhodésienne était plus unie que jamais autour de son premier ministre.

 

            La meute redoubla ses cris. Plusieurs des «nations» africaines, membres du Commonwealth britannique, menacèrent de quitter le Commonwealth si Londres ne prenait pas des mesures rigoureuses et rapides pour venir à bout de la Rhodésie. Wilson fit alors ce qui dénote un homme ayant perdu la tête. Il avait basé son action contre le gouvernement de Salisbury sur le fait que la déclaration unilatérale d'indépendance était illégitime et que la Rhodésie demeurait juridiquement une colonie de l'Angleterre. Or, il décida de demander contre elle l'intervention des Nations-Unies, alors que la constitution de l'ONU lui interdit de se mêler de la politique intérieure des pays qui en sont membres. Par cette demande, Wilson ne considérait donc plus la Rhodésie comme relevant de Londres. C'était se contredire lui-même.

 

            La chose fut donc portée devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies. La résolution proposée par Londres voulait voir déclarer obligatoires pour toutes les nations membres de l'ONU l'application de sanctions économiques contre la Rhodésie.

 

            D'après le règlement de cette organisation les décisions du Conseil de Sécurité ne sont valides que si tous les membres du Conseil sont unanimes à les voter. Cette unanimité n'eut pas lieu, deux membres s'abstenant. Mais n'importe : l'ONU maçonnique n'a pas scrupule de violer ses propres règlements quand ça fait son affaire. Les sanctions économiques contre la Rhodésie furent déclarées obligatoires, devant lier tous les pays membres. Comme si la Rhodésie était une menace à la paix universelle.

 

            A ce sujet, le représentant des États-Unis à l'ONU, Arthur Goldberg, soutient qu'il y a menace à la paix, parce que, dit-il, les autres pays africains menacent de partir en guerre contre elle, si le gouvernement Smith persiste dans sa politique de refus actuel du «one man, one vote». Par quel tour d'esprit est-ce le pays menacé qui doit être considéré comme cause de guerre et être puni, pour que les menaçants ne troublent pas la paix?

 

            Citons ici une autre phrase bien juste du discours du ministre portugais Da Silva Cunha:

 

« Les Nations-Unies, à qui devrait revenir, aux termes de leur statut fondamental, la mission de défendre la paix et la coexistence internationales, ne sont plus aujourd'hui que la tribune d'une démagogie déchaînée, incapable de résoudre objectivement et raisonnablement aucun problème. »

 

            L'ONU est une institution maçonnique. S'attendre à ce qu'elle établisse la paix dans le monde, c'est s'imaginer que Satan, le menteur et l'homicide, tient à voir régner la paix et la bonne entente entre les hommes.

 

            Mais les grosses voix mondiales, celles d'hommes en hautes fonctions, celles de la grande presse, de la radio, de la télévision, sont au service du mensonge, de l'hypocrisie, du lavage de cerveaux, détournant les mots de leur sens, semant la confusion dans les esprits, utilisant au besoin des slogans à résonance évangélique, pour enrôler les bons eux-mêmes dans le syndicat mondial de la trahison, dans les forces de la révolution.

 

            Nous en lisions récemment la remarque, dans une lettre d'un prêtre français qui refuse de s'incliner devant les compromissions, les abdications, les trahisons envahissantes:

 

Les campagnes « contre la faim » et « pour le développement » ont pris une ampleur nouvelle, jetant dans la mentalité des peuples d'Occident un complexe de culpabilité morale et d'imbécillité politique, et dans les « élites intellectuelles » du tiers-monde un complexe de frustration et une volonté illimitée de puissance et de vengeance...

Là où sévit l'horreur de la guerre, l'idéologie évangélique du Syndicat (de la trahison) épouse fidèlement les objectifs de l'Ennemi. Celui-ci a-t-il besoin d'une trêve pour réorganiser ses forces ? Alors, comme au Vietnam, nos « Évangélistes » réclament la paix, la cessation immédiate des hostilités, les concessions en vue d'une coexistence sans vainqueur ni vaincu (dont le communisme sort toujours avantagé). Mais là où la stratégie communiste exige du sang, de la terreur et des combats, en Rhodésie, en Angola ... le Syndicat soutient les rebelles et les tueurs au nom de la Race, du Nationalisme, de la Justice et de la Liberté...

 

            Il ne faut donc pas s'étonner que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies ait approuvé la demande de Londres et déclaré les sanctions économiques obligatoires. Ce fut fait sans même entendre les arguments de la Rhodésie contre laquelle le Conseil portait jugement. A cela, Mme E. White, ministre d'État des Affaires Étrangères dans le cabinet de Londres, a osé déclarer à la Chambre des Communes d'Angleterre que le gouvernement de Salisbury n'avait jamais envoyé de requête pour être entendu.

 

            C'est faux. Dès le 15 juin 1966, dans une lettre adressée au président et à chacun des 14 autres membres du Conseil de Sécurité de l'ONU, le gouvernement rhodésien exposait les raisons pour lesquelles il considérait avoir le droit d'être présent aux discussions sur son cas. Ces discussions allaient avoir lieu dans les derniers jours de décembre. De nouveau, le 7 décembre, le ministre des Affaires Étrangères de la Rhodésie envoyait un télégramme à chacune des mêmes 15 adresses, ainsi qu'au Secrétaire général U Thant, pour la même requête.

 

            Aux deux occasions, le gouvernement de Salisbury envoyait en même temps une copie, et de la lettre et du télégramme, à un particulier résidant à Washington, qui en accusa réception: preuve que les documents atteignaient bien l'Amérique. D'autre part, ni le président, ni aucun des membres du Conseil de Sécurité, ni le Secrétaire de l'ONU, n'accusèrent réception. Était-ce de leur part un silence calculé pour pouvoir s'excuser en passant outre? Ou bien, si les documents furent intentionnellement détenus, qui sont les coupables?

 

            De toute façon ce n'est guère reluisant sur le blason d'un organisme qui se veut la plus haute institution du monde mandatée pour la sauvegarde de la paix sur la planète.

Puis, comment les promoteurs des sanctions économiques peuvent-ils prétendre qu'ils le font dans l'intérêt de la population noire de la Rhodésie? Qui va souffrir le plus des privations pouvant découler de l'application des sanctions: les 220,000 blancs, mieux capables de produire localement de quoi répondre à leurs besoins essentiels, ou bien les 4 millions de noirs parmi lesquels un grand nombre d'enfants?

 

            Jusqu'où ?

 

            Les sanctions économiques d'abord appliquées par l'Angleterre et par certains pays consentant à l'appuyer furent un échec, nous l'avons dit plus haut. Qu'en sera-t-il, maintenant que la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU prétend lier ses 122 pays membres à l'application de ces sanctions?

 

            En réponse à cette question, nous pouvons seulement dire que la population de la Rhodésie, celle du parti de l'opposition comme celle du parti au pouvoir, est unie à son gouvernement et entend tenir jusqu'au bout, même s'il lui faut subir un abaissement de son niveau de vie. La génération des fondateurs appartient à une époque relativement récente, et c'étaient des hommes et des femmes d'initiative, de courage et de ténacité. Les descendants paraissent de même trempe.

 

            Si les sanctions ne réussissent pas à mettre Salisbury à genoux, la folie de Wilson et la complicité de l'ONU voudront-elles aller plus loin? Jusqu'où?

 

            Les «one-worlders», les animateurs et agents de la conspiration vouée à l'établissement d'une dictature supranationale et luciférienne, voudront-ils profiter de l'occasion pour réclamer une intervention armée de l'ONU? Et ne pas s'arrêter à la Rhodésie, mais, toujours au nom de la démocratie du «one man, one vote», subjuguer les deux provinces portugaises de l'Afrique australe et l'Union Sud-Africaine ?

 

            Ce serait mettre au service de l'ONU une police mondiale puissamment pourvue en hommes et en armes, en même temps que lui conférer une juridiction absolue sur la politique, intérieure comme extérieure, de tous les pays. Le triomphe de la conspiration maçonnique, qui bénéficie déjà de la dictature financière et du cancer communiste, ne serait pas loin: le règne de Satan sur un monde qui tourne de plus en plus le dos à Dieu.

 

            Ces réflexions peuvent provoquer les haussements d'épaules des uns, les ricanements ou les apitoiements ironiques des autres. Mais nul ne niera qu'en Afrique comme en Asie, comme dans l'est européen, existent des situations chargées d'affrontements explosifs menaçants dont on ne saurait mesurer les effets sur le globe tout entier.

 

            Que la Reine du Ciel et du monde et le chef de ses armées, saint Michel, préservent l'humanité de tels châtiments!

 

            Réactions

 

            Membres ou non des Nations-Unies, les pays n'ont pas tous fait le même accueil à la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU pour l'application de sanctions économiques contre la Rhodésie. L'Angola et- le Mozambique portugais et l'Union Sud-Africaine n'ont nullement l'intention d'y souscrire. Ces trois pays sont les mieux situés pour amortir le choc des sanctions, et ils ne s'en priveront pas: ils savent bien que la Rhodésie n'est pas seule visée par la conspiration, et que la défaite de Salisbury serait suivie d'une recrudescence d'attaques contre eux par toute la gauche concertée du monde. Comme l'a écrit le premier ministre rhodésien, Ian Smith, à l'occasion du Nouvel An, dans un message de bonne volonté à l'adresse du peuple du Mozambique:

 

A mesure que le temps continue, il devient de plus en plus évident que les provinces portugaises d'Afrique, l'Union Sud-Africaine et la Rhodésie indépendante combattent pour une cause commune, pour préserver nos pays d'excès bien connus qui ont l'appui des puissances communistes et de leurs sympathisants gauchistes du monde entier.

 

            —De plus en plus aussi, les juristes anglo-saxons émettent des doutes et posent publiquement des questions concernant l'aspect légal et moral de l'action prise par l'Angleterre contre la Rhodésie. L'ONU n'a-t-elle pas outrepassé le champ de sa juridiction? N'a-t-elle pas violé une règle basique de sa charte: «Tous les Etats membres s'abstiendront, dans leurs relations internationales, de la menace ou de l'usage de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un Etat quelconque». Que l'ONU rappelle donc cela à ses membres africains qui crient tant pour l'envoi d'une force armée en Rhodésie et qui menacent de le faire eux-mêmes.

 

            Par ailleurs, bien des gens jugent que, lors de l'étude du cas rhodésien par le Conseil de Sécurité, il fut inconvenant pour l'Angleterre d'être à la fois accusatrice et membre du jury.

 

            M. Ian Smith dit avoir reçu nombre de lettres l'assurant que plus d'un gouvernement responsable s'alarme de plus en plus de la conduite irresponsable des Nations-Unies, ce qui conduit à porter de moins en moins d'attention à la pléthore de résolutions provenant de cette institution discréditée.

 

            Au sujet de l'aspect moral de la question, mentionnons seulement deux déclarations:

Le Révérend G. S. H. Worsley, «doyen» anglican de Gibraltar, taxe la prise de position du gouvernement anglais de «folie manifeste et immorale».

 

            Si des députés anglais passaient seulement deux années en Afrique, dit-il, ils envisageraient d'une tout autre manière le problème rhodésien.

 

            Du côté catholique, un prêtre écossais de Glasgow, le Père Robert Stuart, décrit le décret de sanctions économiques contre la Rhodésie comme une mesure «immorale, inhumaine, non chrétienne et contraire au code moral de l'Église catholique».

Un Américain distingué, vice-président du Southerne States Industrial Council, M. Thurman Sensing, écrit après avoir passé trois semaines en Rhodésie, tant à Salisbury que dans les campagnes:

 

            « Voilà une nation qui s'est administrée elle-même depuis son origine, qui a payé toutes ses factures en allant, qui a pleine foi dans le système d'entreprise privée auquel notre civilisation occidentale doit ce qu'elle est...

 

            « Dans sa dispute actuelle avec l'Angleterre, ce qui m'a le plus impressionné, c'est que l'Angleterre semble avoir bien plus besoin de la Rhodésie que la Rhodésie n'a besoin de l'Angleterre...

 

            « Quant à mon propre pays, les États-Unis, je suis littéralement renversé de le voir se joindre à ces sanctions économiques. Nous avons demandé à l'Angleterre de se joindre à nous dans les sanctions économiques contre la nation communiste 'de Cuba, à 90 milles de nos côtes; elle a refusé. Nous lui avons demandé de nous joindre dans des sanctions économiques contre le Vietnam-Nord communiste; nouveau refus, et plus de 50 pour cent du commerce extérieur de ce Vietnam-Nord communiste est transportés par des navires anglais.

           

            « Il reste inexplicable — et c'est une véritable disgrâce — que les États-Unis aient pu ainsi consentir à se joindre à l'Angleterre dans des sanctions contre une nation anti-communiste comme la Rhodésie; contre un peuple laborieux, énergique, compétent et parfaitement capable de bâtir une nation forte, se suffisant à elle-même, pourvu qu'on le laisse à ses propres affaires. . .

 

            «Il est temps pour nous de revenir à nos sens sur ce point. Il est temps que nos représentants au Congrès mettent fin à la pratique de nuire à nos amis et d'aider nos ennemis. »

 

            Un autre Américain de marque, l'Ancien Secrétaire d'État Dean Achison, n'hésite pas à traiter de déraillement l'action du Conseil de Sécurité de l'ONU, et à considérer comme «absolument incompréhensibles» les accusations portées contre la Rhodésie. L'ONU n'a aucun mandat pour se mêler de l'organisation interne du gouvernement rhodésien. Nous pouvons nous réjouir, dit-il, de ce qu'il n'y avait pas de «Nations-Unies» en 1776, lorsque nos ancêtres de la Nouvelle-Angleterre déclarèrent unilatéralement leur indépendance. Avec une ONU pour entendre Londres dénoncer cette «illégitimité», au lieu de pouvoir obtenir l'aide militaire de la France, notre nation naissante aurait pu être soumise à des sanctions économiques par tous les pays du monde de ce temps-là!

 

            Une jeune nation noire voisine du Mozambique, le Malawi (ancien Nyasaland), refuse d'entrer dans le concert des hurleurs. Son président, le Docteur Banda, a déclaré: « Je m'oppose au boycott contre l'Union Sud-Africaine, la Rhodésie et l'Afrique orientale portugaise (Mozambique).» Il dénonce vigoureusement ceux qui se prétendent les porte-drapeaux du nationalisme africain et stigmatise leurs hypocrisies. «Nous ne pouvons accuser des blancs de discrimination raciale, dit-il, alors que nous sommes nous-mêmes coupables de discrimination envers les blancs.» (D'après l'Aginter Press du 7 janvier 1967.)

 

            Ajoutons que dans plusieurs pays — même là où le gouvernement a donné son adhésion aux sanctions — des citoyens ont formé des clubs ou groupes d'Amis de la Rhodésie, pour témoigner de diverses manières leur appui au gouvernement de Salisbury. Le premier ministre Ian Smith apprécie cet appui. Mais ni lui ni ses amis ne perdent de vue quelle est la véritable cible à viser dans leur action. Lui-même tient à ce que personne ne l'ignore:

 

Il est important, dit-il, de continuer à rappeler au monde que notre combat réel n'est pas contre le gouvernement anglais, ni même contre les Nations-Unies. C'est un combat contre la poussée incessante du communisme, qui cherche constamment à grignoter les fondements de la civilisation chrétienne partout où elle se trouve.

Nous pouvons garantir qu'aussi longtemps que nous serons ici, le communisme ne réussira jamais en Rhodésie.

 

            On est heureux de pouvoir constater que, en dépit des forces du Syndicat de la trahison et du mensonge liguées contre la Rhodésie, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour condamner la guerre économique déclarée à son gouvernement anticommuniste, par l'ONU et par des gouvernements de pays libres qui font là le jeu de la stratégie communiste qu'ils dénoncent ailleurs.

 

            Les notes qui suivent sont cueillies d'un résumé d'opinions parues dans des journaux américains dans la période du 6 décembre 1966 au 24 janvier 1967. C'est le Rhodesian Information Office, ayant un bureau -à Washington, qui a fait ce travail, sans aucune prétention d'avoir recensé tous les articles publiés sur le sujet pendant ces sept semaines.

 

            Glanures de presse

 

            Spokane Spokensman-Review, 6 décembre — Le gouvernement rhodésien n'est pas un ennemi des États-Unis et ne nous a fait aucun mal. Il n'existe aucune raison pour ce pays d'endosser un programme de guerre économique tracé par l'ONU contre le gouvernement Smith ou contre le peuple rhodésien.

 

            Milwaukee Sentine 7 décembre — Respectez la Rhodésie. Il est extrêmement ridicule pour les États-Unis de vouloir ériger une barricade contre le commerce avec la Rhodésie, pays libre, au moment où ils construisent des «ponts» commerciaux avec la Russie communiste et ses satellites.

 

            St. Louis Globe-Democrat, 6 décembre - -Pourquoi cette manière de traiter le gouvernement rhodésien aux Nations-Unies, sous prétexte que ce sont des blancs qui sont au pouvoir dans un pays où la majorité de la population est noire ? Qu'est-ce que l'ONU fait donc au sujet des pays où des majorités de citoyens avides de leur liberté sont tenus en esclavage sous la botte d'une minorité de communistes?

 

            Streveport Times, 9 décembre — Des nations africaines assoiffées de sang voudraient essayer de briser la Rhodésie par la force. La possibilité existe d'une attaque armée de l'ONU contre une nation qui ne demande qu'à être laissée en paix. Il est difficile de croire que l'opinion publique puisse approuver une telle action.

 

            Youngstown Vindication, 10 décembre — Le Président Johnson ne devrait pas impliquer les Etats-Unis dans la crise rhodésienne. Les Américains ne veulent pas participer à une guerre, pas plus économique que militaire, en plein continent africain.

 

            Chicago American, 12 décembre — Si la Rhodésie n'est qu'une colonie de l'Angleterre, comme le prétend le gouvernement de Londres, la dispute entre ces deux pays n'a aucun caractère international et l'ONU n'a rien à y voir. En amenant cette question devant les Nations-Unies, le gouvernement de Londres contredit sa propre thèse.

 

            Washington Star, 12 décembre — L'attitude prise par le Conseil de Sécurité vis-à-vis de la question rhodésienne est une affaire insensée, qui ne peut bénéficier qu'à ceux qui profitent des agitations et des désordres. Notre gouvernement se montre bien trop pressé de donner son appui à la proposition britannique.

 

            Buffalo News, 13 décembre — Il est absurde de penser et dire que la Rhodésie menace la paix internationale. Les États-Unis ont d'autres obligations plus légitimes et plus urgentes à remplir. La requête de l'Angleterre pour des sanctions économiques obligatoires contre la Rhodésie peut conduire à une aventure qui se soldera par un échec. De toute façon, c'est un cas reposant sur une légalité douteuse, susceptible de créer une situation dangereuse.

 

            Richmond News Leader, 14 décembre —L'ONU nage dans l'hypocrisie et s'y plonge si profondément que même ses amis doivent s'en inquiéter. Mais il ne faudra pas être trop surpris de voir nos États-Unis endosser la mesure des sanctions. Quand il s'agit d'acheter de l'hypocrisie aux Nations-Unies, notre gouvernement en achète, non pas à la pinte ni au gallon, mais au baril.

 

            Portland Oregonian, 14 décembre — Adhérer à l'application de sanctions économiques, c'est prendre parti dans cette querelle de famille, pour l'Angleterre qui n'a fait que critiquer, plutôt qu'aider, l'effort des Etats-Unis pour arrêter l'agression communiste au Vietnam.

 

            Nashville Banner, 15 décembre — Quelle raison notre pays peut-il invoquer pour prendre part à une action punitive contre la Rhodésie qui n'est en guerre contre personne? On n'a jamais eu connaissance qu'il s'y soit produit des scènes de désordre comme en tant d'autres pays africains, des étrangers conspués et attaqués. Notre drapeau n'a pas été l'objet d'insultes en Rhodésie; nos nationaux n'y ont pas été molestés. Notre pays peut commercer avec des pays du bloc communiste qui fournissent de l'aide au Vietcong dans une guerre où meurent des fils de chez nous; mais à la demande de l'Angleterre, notre gouvernement interdit l'importation de produits de la Rhodésie qui n'a jamais secoué un poing contre nous. Quelle aberration!

 

            Portland Press Herald, 16 décembre — La première mesure à prendre par notre nouveau Congrès devrait être l'institution d'une enquête sur la politique des Nations-Unies, politique conçue pour frapper sur la Rhodésie et ignorer les véritables agresseurs.

 

            Salt Lake City Desert News — Pendant plus d'une année, la Grande-Bretagne et les membres de son Commonwealth ont recouru à des sanctions économiques pour mettre la Rhodésie à genoux. Sans succès. Londres veut maintenant voir l'ONU prendre la même voie. L'ONU a certainement des problèmes plus importants qui réclament son attention.

 

            Charleston News and Courrier, 17 décembre — L'amitié anglo-américaine n'exige nullement que les Etats-Unis s'engagent dans une action de l'ONU illégale aux termes même de sa charte, et dans une politique qui peut avoir des conséquences funestes pour le monde libre.

 

            San Diego News, 19 décembre — Parmi les effets prévisibles de cette mesure inepte et presque incroyable, on peut compter l'annihilation du prestige déjà bien entamé de l'Organisation des Nations-Unies, la fin du Commonwealth Britannique, la dévalorisation de la livre anglaise déjà mal en point, celle aussi du dollar américain, et la disparition totale du peu de confiance que les Américains pourraient encore avoir dans la sincérité et la sagesse de la politique suivie en matières africaines par le gouvernement de Washington.

 

            El Paso Times, 18 décembre — La population des Etats-Unis est opposée à la participation de son pays à tout embargo contre la Rhodésie. Mais il devient de plus en plus évident que les Américains n'ont rien à voir dans ce que font ou disent leurs représentants à l'ONU.

 

            Chicago Tribune, 18 décembre Durant toute une année, à la demande de l'Angleterre, nous avons laissé croire aux Africains que nous consentirions à tout faire pour renverser le gouvernement blanc de la Rhodésie et abandonner la place au chaos habituel. Il est temps d'y mettre un point final. Plus nous attendrons à le faire, plus nous serons inévitablement conduits à devoir choisir entre une retraite embarrassante ou une guerre ridicule.

 

            Chattanooga News, 19 décembre — L'action des Nations-Unies et de notre gouvernement de Washington n'est pas seulement une menace à la Rhodésie, c'est une menace à la liberté américaine.

 

            Spokane Spokesman, 19 décembre — Par sa participation à provoquer le renversement du gouvernement actuel de la Rhodésie, notre pays invite les éléments rebelles à chasser ceux qui furent légalement choisis en conformité aux lois régissant cette nation.

 

            St. Louis Globe-Democrat, 20 décembre — En votant ces sanctions sans fondement, l'ONU semble exprimer le désir de se suicider. Cette décision pourrait bien, en effet, amener l'ONU à se trancher elle-même une gorge déjà passablement amincie.

Albuquerque Journal, 21 décembre — Avant de se laisser impliquer dans des affaires chaotiques, les citoyens de tout le pays devraient dire à Washington de ne pas s'y engager.

 

            La Crosse Tribune, 21 décembre — Il est incroyable que les Etats-Unis, déjà chargés de problèmes au Vietnam, consentent à épauler l'ONU dans sa folie à l'égard de la Rhodésie.

 

            Washington Evening Star, 22 décembre — On juge finalement de la, diplomatie d'une nation par les résultats qu'elle donne. A ce critère, le gouvernement britannique, d'habitude perspicace, n'a guère de quoi être fier de la manière dont il s'est comporté dans l'affaire rhodésienne.

 

            San Diego Union, 22 décembre — En aidant à écraser l'un des quelques États viables et pro-occidentaux de l'Afrique, nous préparons la seule récolte qu'on peut normalement attendre après avoir semé des graines de communisme.

 

            Montreal Star, 27 décembre — En faisant claquer la porte des négociations, Wilson a commis un acte de stupidité.

 

            Burlington Free Press, 27 décembre — La mesure bizarre et inconsciente adoptée par le Conseil de Sécurité contre la Rhodésie a choqué et dégoûté la plupart des étudiants des affaires internationales.

 

            Charleston News and Courrier, 29 décembre — Les États-Unis ne devraient approuver que des discussions raisonnables au lieu des aventures de l'ONU. Il est essentiel que le gouvernement des États-Unis se renseigne mieux sur les réalités rhodésiennes. Sinon, le peuple américain pourra se trouver entraîné dans un conflit africain ruineux et tragiquement inutile.

 

            Richmond Times, 3 janvier — Bien des Américains vont demander à leurs sénateurs et à leurs congressmen: 1° Comment a-t-on pu se laisser attirer dans cet imbroglio ? 2° Comment va-t-on en sortir avant qu'il soit trop tard ?

 

            Washington Evening Star, 3 janvier — Notre représentant aux Nations-Unies, Goldberg, a peu réussi à justifier devant les Américains le vote qu'il y a donné pour les sanctions contre la Rhodésie; et plus il essaie de le faire, plus faible s'étale son argumentation.

Chicago Tribune, 9 janvier — Le président Johnson est déjà allé plus loin qu'il n'aurait dû pour nous impliquer dans la dispute rhodésienne. Dès maintenant, le Sénat devrait exercer, pour refuser d'entériner la décision du président, un pouvoir qui lui appartient de droit et qu'il devait retenir sous l'ONU, d'après la garantie qu'en avaient donnée les promoteurs de cette institution.

 

            Newark Star-Ledger, 3 janvier — Si les Nations-Unies prétendent baser leur droit d'intervenir en Rhodésie sur le fait que la population de ce pays n'est pas adéquatement représentée dans son gouvernement, les mêmes Nations-Unies devraient jeter un coup d'oeil sur au moins une douzaine de ses propres membres qui ont pris le pouvoir dans leurs pays respectifs par des coups d'État, par les armes et non par le vote des électeurs. Plusieurs de ses membres sont régis par de véritables dictatures, mêmes des dictatures étrangères à leur propre pays.

 

            Charleston News and Courrier, 4 janvier —C'est le même gouvernement britannique, celui de Harold Wilson, qui, d'une part, a composé le message de félicitation adressé par la Reine à Cuba célébrant l'anniversaire de sa révolution communiste, et qui, d'autre part, assume une attitude belliqueuse envers le régime paisible du gouvernement Smith en Rhodésie. Quelle ironie !

 

            Yakima Eagle, 4 janvier — Le peuple des États-Unis est-il prêt à financer une invasion de l'ONU en Rhodésie, et probablement aussi dans l'Union Sud-Africaine, arrosant ces pays du sang de nos jeunes gens? Car c'est bien jusqu'à cette sauvage réalité que peut conduire l'appui continu et sans limites des sanctions anglaises, auquel, rapporte-t-on, des officiels anonymes de Washington se sont engagés envers le gouvernement de Londres.

 

            Miami News, 5 janvier — Citant un rédacteur africain du Ghana: « Les Africains de la Rhodésie ne sont absolument pas capables d'assumer le gouvernement, pas même partiellement. S'ils se trouvaient soudain au pouvoir, c'est le chaos qui en serait le résultat. Une réédition des désordres et des massacres du Congo... Smith accomplit bien une bonne besogne, quoique je ne puisse savoir combien de temps il pourra tenir contre les objectifs du gouvernement de Londres et les poussées d'agitateurs africains. »

 

            Indianapolis Star, 7 janvier — En contraste avec la plupart des nations africaines indépendantes, le gouvernement de la Rhodésie a démontré sa pleine compétence à maintenir l'ordre et la stabilité, malgré les conditions adverses imposées d'en dehors.

Lubbock Avalanche-Journal, 7 janvier — Le président Johnson a signé les papiers nécessaires pour mettre en vigueur sa honteuse erreur. On s'attend à ce que des questions soient soulevées à la tout-prochaine session du Congrès. Elles devraient l'être, hautes et claires.

 

            Phoenix Republic — Il n'y a absolument aucune excuse à la transgression par l'ONU d'un article fondamental de sa charte, qui interdit à tous ses membres la menace — répétons-le, la menace — ou l'usage de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de n'importe quel État.

 

            Lynchburg News, 10 janvier — Nous doutons très fort que le Congrès puisse approuver la politique des sanctions contre la Rhodésie. Et nous n'aurions certainement aucun respect envers tout membre du Congrès qui y donnerait son appui.

Cumberland News, 12-janvier — Le Président Johnson a impliqué son pays dans une entreprise futile qui ne peut conduire qu'à l'échec et à une Situation embarrassante pour toutes les parties en cause.

 

            Arizona Republic — 'Angleterre n'avait aucune affaire à amener I question rhodésienne devant l'ONU, et l'ONU n'avait aucune affaire à en discuter. Le président Johnson aurait mieux fait de ranger et oublier la résolution de l'ONU contre la Rhodésie.

 

            York Dispatch, 14 janvier— Présenter la Rhodésie comme une menace à la paix internationale est la plus grande farce de l'histoire de l'ONU.

Monroe News, 15 janvier — Le Congrès devrait demander au président Johnson de renverser son attitude sur la Rhodésie, de reviser l'affaire et de déclarer au monde que ces sanctions contre un petit pays paisible, inoffensif, ne menaçant personne, sont totalement injustifiées.

 

            Indianapolis News, 16 janvier — Le sénateur Paul Fannin mérite des félicitations pour son discours récent, critiquant l'adhésion aux sanctions économiques contre la Rhodésie. Il faut espérer que ce discours retiendra considérablement l'attention de Washington. En démolissant les arguments des démagogues des Nations-Unies, le sénateur a injecté une note de sanité dans la controverse rhodésienne.

 

            Muncie Star, 18 janvier — La mesure votée contre la Rhodésie est un sac de dynamite. Les États-Unis devraient s'en défaire avant qu'il explose.

 

            Phoenix Republic, 18 janvier — Un mémoire, appuyé par 7 sénateurs de l'État d'Arizona, demande au Président et au Congrès de reconnaître la République de Rhodésie comme nation indépendante. Le mémoire s'indigne de l'effronterie de l'Angleterre-qui ose solliciter l'appui des États-Unis pour ses sanctions contre la Rhodésie, après avoir elle-même refusé d'appliquer une seule des sanctions économiques demandées par les États-Unis contre Cuba et contre le Vietnam, qui sont pourtant deux pays communistes.

 

            Birmingham News, 21 janvier — Dans un discours prononcé au Sénat, le sénateur Harry F. Bird, Jr., demande pourquoi la paisible Rhodésie devrait être boycottée sur un vote de l'ONU, alors que la même ONU n'a rien fait contre Te commerce ouvertement pratiqué avec le Vietiam-Nord communiste et agresseur.

 

            Phoenix Republic, 21 janvier — Félicitations l'action courageuse du congressman James B. Utt, de la Californie, qui a présenté une résolution pressant le président Johnson d'ignorer les sanctions économiques contre la Rhodésie votées Dar le Conseil de Sécurité de l'ONU.

            Odessa American, 21 janvier -- S'il existe une menace à la paix, c'est celle qui provient de l'ONU et de ses membres.

 

            Charlotteville Progress, 21 janvier — Le mot légalité » est une excuse bien fragile pour priver les femmes et les enfants de la Rhodésie des soins médicaux additionnels qu'ils recevraient sans les sanctions, ou pour priver la nation entière des bienfaits qu'elle recevrait de toute mesure de succès dans la lutte entreprise contre la malaria.

 

            Manchester Union Leader, 16 janvier — Rentrant de la Rhodésie, Frank J. Johnson, rédacteur en matières extérieures pour l'American Security Council, à rédigé un long article, dans lequel il conclut que la politique occidentale vis-à-vis de l'Afrique a été une tragique accumulation d'erreurs sur erreurs. Avant d'atteindre le sommet final de la folie, avant de nous trouver tête première dans une guerre insensée contre des gens qui sont parmi les meilleurs amis que nous ayons au monde, il devrait rester encore assez de temps pour lancer un dernier appel aux dirigeants de l'Ouest, à Londres et surtout à Washington, leur criant: Messieurs, remettez-vous à penser! L'Angleterre renoncerait à pousser ses sanctions contre la Rhodésie si elle ne pouvait pas compter sur l'appui de Washington. Il semble incroyable qu'un gouvernement américain, décidé à s'opposer par la force à l'agression communiste au Vietnam, puisse être assez mal avisé pour appuyer une politique susceptible d'impliquer les États-Unis dans une guerre en Afrique contre nos amis les plus fiables. Une guerre dont le résultat pourrait être d'étendre l'influence communiste sur la portion la plus riche et la plus stratégique du continent africain.

 

Louis Even