|
Une âme d'élite s'est envolée au Paradis, le 21 juin 2002 Gilberte Côté-Mercier, décédée à 92 ans Vénérable fondatrice de Vers Demain et des Pèlerins de saint Michel Elle a aimé la justice et détesté le mal
par Thérèse Tardif L’heure
du trépas a sonné pour notre vénérable Cofondatrice et Directrice générale,
madame Gilberte Côté-Mercier, vendredi, le 21 juin 2002, à 9 heures
et quinze du matin. Elle s’est éteinte à l’âge de 92 ans, après
un long combat de 66 ans pour la vérité et la justice, et après avoir
souffert un douloureux calvaire. Malgré
son état douloureux, elle tenait à venir encore faire sa conférence
à l’assemblée du mois, à la Maison de l’Immaculée. Elle était
là le 28 avril dernier. Elle a parlé debout pendant trois
quarts d’heure, à ses chers Pèlerins. Et
le 26 mai, alors que nous fêtions son 92e anniversaire de naissance également
à notre assemblée du mois, elle s’est rendue jusqu’au haut de
l’escalier de la Maison de l’Immaculée, mais une forte crise
d’angine nous a obligés à la ramener au lit. Nous
avons célébré la fête comme si elle était présente. Mais après,
nous lui avons apporté vos cartes de «Bonne fête» dans lesquelles étaient
inscrits vos gerbes d’abonnements, vos bouquets spirituels, et le
petit mot que chacun des grands apôtres lui avait adressé, sur la
tribune. Nous lui avons apporté aussi les trois bouquets de fleurs qui
lui ont été offerts. Elle les a fait installer dans sa chambre pour
les admirer. Et chaque jour, elle lisait et relisait vos cartes. Tout
cela a vraiment égayé les derniers jours de son existence. Comme
elle nous aimait! Son coeur s’était agrandi au fil des ans, à la
mesure de ses charités, à mesure que s’agrandissait sa famille de «Bérets
Blancs». A
la suite de nos prières à Louis Even pour elle, pendant nos Sièges de
Jéricho, ses yeux s’étaient grandement améliorés, elle pouvait
lire très bien en dernier. Avant son départ pour l’hôpital, elle
lisait un livre de Marie Rivier, fondatrice des Soeurs de la Présentation
de Marie. Deux phrases de la Bienheureuse l’avaient bien frappée et
elle nous les répétait: «J’ai tout obtenu à coup de chapelets.»
«Attachez-vous fortement à Jésus-Christ comme à votre racine». Les
Pères Oblats de Marie Immaculée, de Rougemont, ont été d’une
charité sans égale pour elle. Ils venaient tous les dimanches, l’un
ou l’autre, célébrer la sainte Messe, exprès pour elle, dans notre
petite chapelle de la Maison Saint- Michel. Quelle grâce insigne pour
une malade qui devait se présenter bientôt devant Dieu. Vendredi,
le 14 juin, le saint Sacrifice était célébré pour nous à la Maison
de l’Immaculée. Elle y est venue, malgré que, pendant les trois
nuits précédentes, elle avait beaucoup souffert. La nuit suivante, les
douleurs devenaient si aigues qu’elle se décidait à entrer à l’hôpital.
Son état a empiré de jour en jour, et le vendredi matin, 21 juin, sa
belle âme s’envolait vers la céleste patrie.
Son
directeur spirituel, le Père Gérard Montpetit, Oblat de Marie Immaculée,
l’avait bien préparée, en lui administrant le Sacrement des malades,
et en lui apportant la sainte Communion. Il l’a assurée que, par ces
sacrements, toutes ses fautes étaient effacées et que son âme était
devenue blanche comme la neige. Elle pouvait maintenant, sans crainte,
se présenter devant le Dieu de miséricorde, si heureux de recevoir ses
enfants repentants. Pendant
les cinq dernières années, elle avait continuellement besoin de soins.
Florentine Séguin, Plein-Temps depuis 47 ans, était sa gardienne de
nuit, et Diane Roy, Plein-Temps depuis 26 ans, l’aidait le jour. Notre
chère cuisinière, Diane Guillemette, a aussi bien contribué à
soigner la malade. Ce sont ces trois demoiselles qui se remplaçaient à
l’hôpital, jour et nuit, pendant la dernière semaine. Vendredi à 4
heures du matin, Diane Roy nous a téléphoné pour nous avertir que
l’état de la malade empirait. Florentine
Séguin et moi-même, ses deux plus anciennes collaboratrices, avons eu
le privilège de l’assister dans ses derniers moments. Elle
nous a demandé son chapelet, son crucifix de la bonne mort. Ce petit
crucifix qui ne la quittait pas et qu’elle nous montrait en disant: «Voilà
la clé qui va me permettre d’entrer au Ciel tout droit.» Elle le
serrait entre ses mains en s’éteignant tranquillement. Elle portait
aussi son scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel. Après la récitation
de la prière des mourants, mademoiselle Séguin lui a chanté doucement
à l’oreille le cantique: «J’irai la voir un jour» «et ce jour,
lui dit-elle, c’est aujourd’hui.» Moi-même,
la voyant souffrir, je lui ai dit que je priais le Padre Pio de venir la
soulager. Elle m’a répondu: «Il ne viendra pas.» J’ai compris
qu’il ne viendrait pas la soulager, mais plutôt la chercher. J’ai
ajouté: «Saint Joseph, en qui vous aviez une si grande confiance, est
là aussi, lui qui vous a toujours si bien aidée pendant votre vie, il
va vous aider à monter au Ciel.» J’ai senti chez elle comme une détente
suscitée par sa grande confiance en saint Joseph, patron de la bonne
mort. Au nom de tous les Pèlerins de saint Michel et en mon nom personnel, je l’ai remerciée pour tout ce qu’elle a fait pour nous et pour les peuples. Exposée
à la Maison de l’Immaculée
La
vénérable dépouille mortelle de madame Gilberte Côté-Mercier a
été exposée La
vénérable dépouille mortelle de notre bien-aimée Cofondatrice a été
exposée dans la grande salle de la Maison de l’Immaculée, devant la
statue de l’Immaculée Conception, samedi, le 22 juin, jusqu’au
lundi après-midi. Les funérailles eurent lieu dans la belle église
Saint- Michel de Rougemont à 14 heures, le 24 juin, fête de saint
Jean-Baptiste. On
est venu de partout lui rendre un dernier hommage et la remercier. C’était
consolant de voir tous nos bons Pèlerins de saint Michel actifs et une
multitude de nos anciens créditistes, toujours fidèles à la cause,
venir nous offrir leurs sympathies. Madame Lucien Parenteau est venue en
avion de l’Alberta. Nos créditistes des Etats- Unis, de Boston, du
Massachusetts, du Connecticut, de l’Arkansas sont accourus. Toutes les
régions de la province de Québec, de l’Ontario et du
Nouveau-Brunswick étaient bien représentées. Le
chapelet a été pieusement récité toutes les heures. De beaux
cantiques agrémentaient les prières. Madame Côté-Mercier nous a
enseigné à dire le rosaire, nous le récitons tous les jours à la
Maison de l’Immaculée et à la Maison Saint-Michel. Elle-même ne
manquait pas de le réciter (trois chapelets) quotidiennement. Pour ne
pas l’oublier, elle marquait les chapelets récités, chaque jour, sur
des feuilles, que nous conservons en souvenir. Des
funérailles grandioses
Le cortège funèbre passe devant la Maison Saint-Michel, où résidait la défunte Gilberte
Côté-Mercier a eu droit à des funérailles grandioses, empreintes de
dignité et de respect, comme l’ont fait remarquer les journalistes.
L’imposant cortège funéraire a défilé à pied, de la Maison de
l’Immaculée jusqu’à l’église Saint-Michel de Rougemont, en récitant
le chapelet amplifié par de puissants haut-parleurs qui faisaient résonner
les ave à la grandeur de la paroisse. Le son mélancolique des cloches
nous ébranlait le coeur. Drapeau
et bannières de saint Michel précédaient le cercueil, ainsi que la
bannière de saint Jean-Baptiste, et une photo de saint Padre Pio, dont
l’anniversaire de naissance était le 25 mai, même jour que Mme Côté-Mercier.
C’est à lui, Padre Pio, que j’avais demandé, le jour de sa
canonisation, le 16 juin, la meilleure grâce pour notre chère
directrice si souffrante. Il lui a accordé la grâce d’être délivrée
des maux de cette vie et de l’amener au Paradis. Le
cercueil était suivi de monsieur Michel Côté, neveu et filleul de la
défunte et de son épouse, Françoise. Puis venaient les Pèlerins de
saint Michel à plein temps.
Cinq prêtres officiaient les funérailles de Mme Côté-Mercier dans l'église de Rougemont. Cinq
prêtres officiaient: le révérend Père Gérard Montpetit (au
centre sur la photo), supérieur des Oblats de Marie Immaculée, à
Rougemont, et directeur spirituel de madame Côté-Mercier, célébrait
le messe des funérailles, en partie en latin, comme le désirait la défunte.
Il était assisté de
l’abbé Jacques Chaput, curé de la paroisse Saint-Michel de Rougemont,
du révérend Père Edmond Brouillard, o.m.i., aumônier des Pèlerins
de saint Michel, du révérend Père Thomas, cistercien, confesseur de
Mme Côté-Mercier lorsqu’elle pouvait encore se rendre au monastère,
et de M. l’abbé Fernand Albert, de Caraquet, Nouveau-Brunswick, grand
ami et bienfaiteur de l’Oeuvre de Vers Demain. D’autres prêtres
amis auraient aimé être présents, mais ils ont appris trop tard la
nouvelle du décès de Mme Côté-Mercier. La
fête de saint Jean-Baptiste La
Providence a voulu que les funérailles de Gilberte Côté-Mercier, défenseur
des droits de la personne humaine et des peuples, aient lieu le jour où
les Canadiens français fêtaient leur saint Patron, saint Jean-Baptiste.
Comme saint Jean- Baptiste, madame Côté-Mercier n’a pas eu peur de
crier aux grands: «Tu n’as pas le droit.» Lorsque
la bannière du saint Patron des Canadiens français, portée dans le
cortège funèbre, est entrée dans l’église, la chorale a entonné
un beau cantique en l’honneur de saint Jean-Baptiste, qui a fait
vibrer les cordes de notre esprit patriotique: «Vive à jamais ta mémoire
chérie, saint Jean-Baptiste, avocat de nos droits, sous ton égide a
fleuri la patrie, nos traditions, notre langue et nos lois.» C’était
bien touchant quand on pense com ment madame Côté-Mercier souffrait de
voir détruire par les athées, les valeurs qui avaient fait la grandeur
de notre peuple canadien-français. Puis
ce fut le commencement des funérailles par le «Requiem aeternam». Et
la Messe s’est déroulée tout au long dans la beauté. L’homélie M.
le curé Jacques Chaput s’est vraiment surpassé en éloquence dans
son homélie. En premier, il a fait l’analogie entre le prophète
saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens français et madame Gilberte Côté,
puis il a comparé la mission de notre héroïne avec celle de sainte
Jeanne d’Arc. C’était vraiment impressionnant. Tous les Pèlerins
de saint Michel en ont été bien consolés et réconfortés. Une
paroissienne de Rougemont a félicité M. le curé et lui a affirmé que
ses compliments envers madame Côté-Mercier étaient bien mérités. M.
le curé Fernand Albert était ravi, en félicitant l’abbé Chaput de
son homélie, il lui a dit qu’il avait bien remis les choses en place.
Les
bons mots du Père Gérard Montpetit ont aussi bien touché les coeurs. Les
chants Melvin
Sickler, Pèlerin de saint Michel à plein temps, organiste de talent,
accompagnait la magistrale chorale qui, par ses chants et cantiques
sublimes, nous a donné un avant-goût du Ciel. La chorale était dirigée
par M. Léandre Lapierre de Saint-Odilon, de Beauce. Il était accompagné
de M. Camille Fecteau et de madame Jean-Marie Gagnon, fille de M.
Fecteau, de St-Odilon, également. Les autres chantres étaient tous,
eux aussi, des Pèlerins de saint Michel venant de différentes régions,
le jubé était rempli. Lise Rodrigue, Pèlerine de saint Michel à
plein temps, avait fait le programme. L’inhumation
Après
les funérailles à l’église, le cortège funèbre s’est dirigé
vers le cimetière de la Maison Saint-Michel, où le vénérable corps
de notre si estimée directrice a été inhumé. Quatre
prêtres se sont rendus sur les lieux pour bénir la tombe et réciter
les dernières prières. Au
nom des Plein-Temps et des Pèlerins de saint Michel, Elie-Ange Fortin,
Plein-Temps depuis 46 ans, a fait des adieux touchants à celle que nous
considérons comme notre maman spirituelle. Il l’a remerciée et l’a
assurée que nous continuerons le bon combat, comme elle, jusqu’au
dernier soupir. Pour
terminer l’émouvante cérémonie, de sa voix forte et mélodieuse,
Yves Jacques, du Massachusetts, Etats-Unis, nous a encore chanté de
beaux cantiques. Adieu,
chère Gilberte Côté-Mercier, vous rejoignez les vôtres, dans la céleste
félicité, votre père Rosario, dont le départ prématuré a causé un
grand vide dans votre vie, votre maman Joséphine, qui vous a toujours
appuyée et secondée, votre frère Rosaire, qui vous aimait tant, Louis
Even, le vénéré fondateur, votre époux Gérard Mercier, si dynamique
au combat, Juliette Lavigne, votre première collaboratrice sur la route
et au bureau, et toute la phalange des Pèlerins de saint Michel qui
vous ont devancée au Ciel. Votre vie ne fut qu’un don total au
service de la vérité et de la justice, au service de Dieu et de Marie-Immaculée.
Nous sommes bien résolus à marcher sur vos traces jusqu’au trépas.
Continuez à nous guider du haut du Ciel, comme vous nous avez guidés
sur la terre. Nous répondons «OUI» à votre dernier message: «Ne
changez pas de vocation !» Nous
vous rejoindrons bientôt dans le Royaume du Père. Vous contemplez
maintenant la beauté de la Reine du Ciel et de la terre, la très
sainte Vierge Marie. La joie nous envahit en songeant à votre bonheur,
malgré les angoisses causés par votre départ. Thérèse
Tardif
Voir
aussi:
De retour à Qui sommes-nous De retour à la page d'accueil de Vers Demain |