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Louis Even — Notes biographiques
La naissance Louis
Even naquit le 23 mars 1885, sur la ferme «La Poulanière», à
Monfort-sur-Meu, municipalité à 30 kilomètres de Rennes, en Bretagne,
France, municipalité qui a aussi vu naître saint Louis-Marie Grignion
de Montfort. Louis Even a hérité de la grande dévotion à Marie de
son illustre patron. Il fut un ardent propagandiste du rosaire tout au
long de sa vie de 90 ans. Louis
Even était le quatorzième d'une famille de seize enfants. Son pére,
Pierre Even. Sa mère, Marguerite Vitre. Au foyer, il reçut une solide
éducation chrétienne. Les études Ses
premières études, il les fit à l'école du village. Le 4 août 1896,
âgé de onze ans, il entrait au juvénat des Frères de l'Instruction
Chrétienne, à Livré. Le 2 février 1901, il commençait son noviciat à Ploërmel. Cette même année, en juillet 1901, la campagne antireligieuse faisait rage en France et le gouvernement, par la «Loi Combes», rejetait toutes demandes d'associations, afin d'empêcher la fondation de nouvelles communautés religieuses. Puis en 1903, les Frères de l'Instruction Chrétienne recevaient du gouvernement, une notification officielle de la dissolution de leur Institut. Désormais, en France, il était interdit aux Frères de porter l’habit religieux et d’enseigner. L'exil Les
Frères décidèrent d'envoyer en mission leurs meilleurs sujets. Louis
Even était du nombre. Il quitta la France pour le Canada en février
1903. De là, il fut envoyé comme professeur chez les Indiens du
Montana, dans les Montagnes Rocheuses aux Etats-Unis. Il y demeura
jusqu'en 1906. Ce qui lui permit d'acquérir une parfaite connaissance
de l'anglais, connaissance qui devait lui servir énormément plus tard
lorsqu'il eut à étudier le Crédit Social dans les livres du Major C.
H. Douglas, écrits naturellement en anglais. Au Canada Louis Even revint au Canada définitivement le 24 juin 1906, jour de la saint Jean-Baptiste, fête patronale des Canadiens Français. Dès cette année 1906, il enseigna à Grand'Mère. De 1907 à 1911, il fut professeur à l’école St-François, dans la paroisse de l'Immaculée Conception, à Montréal. L'imprimerie Puis il est devenu sourd et ne pouvait plus enseigner à des enfants. On l'envoya à Laprairie, à l'imprimerie des Frères, qui était très primitive à l'époque. Bourreau de travail et doué d'une intelligence supérieure, il développa l' imprimerie et lui donna un essor considérable. Il
acquit de nouvelles machines et pour en apprendre le fonctionnement, il
dut étudier l'allemand, les manuels étant en cette langue. Il étudia
aussi, de lui-même, le latin. Cet apprentissage de l'imprimerie lui a
été fort précieux ultérieurement pour la fondation de son Oeuvre. Dans le monde La Providence voulut qu'il quitta la communauté des Frères de l'Instruction Chrétienne où il avait acquis une solide formation religieuse et intellectuelle, car c'était un homme d'étude et de réflexion, il avait toujours un livre à la main. Il était bien préparé pour accomplir dans le monde la mission que le Bon Dieu lui réservait. Il fut relevé de ses voeux le 20 novembre 1920. (Il était sourd et ne pouvait plus enseigner, les appareils n'existaient pas alors.) Garden City Press Tout
de suite, il s'engagea à l'imprimerie de Garden City Press, à Ste-Anne
de Bellevue, propriété de J. J. Harpell, un Irlandais catholique. Là
aussi, Louis Even marqua l'entreprise de son génie. Mariage Le
10 décembre 1921, il épousa Laura Leblanc. Ils eurent 4 eniants. François,
maintenant avocat; Gemma, institutrice; Rose-Marie, institutrice et secrétaire;
Agnès, institutrice. Chargé d'une famille lui-même, cela lui a permis
de mieux comprendre les problèmes financiers des familles des milieux
ouvriers. Le maître de valeur J.
J. Harpell était plus qu'un homme d'affaires: il voulait promouvoir le
développement intellectuel, les connaissances générales, chez ses
employés en leur faisant donner des cours, les soirs. En Louis Even, il
avait rencontré le maître de valeur qui pouvait réaliser ses
aspirations. Louis Even accomplissait le métier de typographe, de
correcteur d'épreuves et de contremaître. Il traduisait en français
le journal The Instructor (Le Moniteur en français),
organe du cercle d'étude de Gardenvale. Il enseignait le métier aux
nouveaux venus et il était le professeur pour les cours du soir aux
employés. Le Crédit Social Un
jour, l'honorable Fielding, Ministre des Finances du gouvernement libéral
d'Ottawa, avait dit à M. Harpell: «Si vous voulez savoir où réside
la puissance financière au Canada, regardez du côté des banques et
des compagnies d'assurances.» On était en 1934, en plein temps de la
crise économique. C'est
alors qu'on décida que les cours de l'automne porteraient sur l'étude
de l'argent et du crédit. Et l'on s'occupa tout de suite à chercher un
manuel sur le sujet. L'appel fut lancé dans Le Moniteur et The
Instructor. On reçut des livres et des manuscrits. Principalement
le livre anglais de I. A. Caldwell, Money, What is it?, que Louis
Even traduisit plus tard en français. Il lui donna le titre de La
monnaie et ses mystères. Mais c'est une simple brochure de 96 pages
qui lui apporta la lumière recherchée. Elle était intitulée: From
Debt to Prosperity par J. Crate Larkin, de Buffalo. C'était un résumé
de la doctrine monétaire du Major C. H. Douglas: le Crédit Social. «Une
lumière sur mon chemin», dit Louis Even. Il se procura les ouvrages de
Douglas. Il reconnut là un ensemble de principes dont l'application
ferait un système monétaire parfait et qui pourrait solutionner la
crise économique. Et, immédiatement, il se dit: «Il faut que tout le
monde connaisse cela.» Il ne songea plus qu'aux moyens de réaliser ce
voeu. L'apôtre Les
contacts établis avec Le Moniteur avaient fait surgir des
cercles d'étude affiliés à celui de Gardenvale, à Sherbrooke, à Québec,
aux Trois-Rivières, à Shawinigan. A la demande de ces cercles,
monsieur Even alla leur donner des conférences. Il leur parla
naturellement du Crédit Social. Puis il tint des assemblées publiques
à travers les provinces de Québec, du Nouveau-Brunswick et de
l'Ontario. Louis
Even traduisit en français la brochure From Debt to Prosperity.
Il écrivait aussi des articles sur le Crédit Social dans Le
Moniteur. Le Moniteur allait à quelques 1200 abonnés de
langue française dans Quabec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario et dans
les provinces des Prairies. Les Cahiers du Crédit Social En août 1936, Louis Even fonda les «Cahiers du Crédit Social» qu'il rédigeait dans ses soirées, le jour étant toujours à l'emploi de Garden City Press, et il faisait ses conférences dans le pays dans ses fins de semaine. D'octobre 1936 à août 1939, il parut un total de 16 numéros des «Cahiers du Crédit Social», pour 2400 abonnés. L'Ile des Naufragés C'est pendant cette même période que Louis Even édita sa fameuse brochure L'Ile du salut (intitulée aujourd'hui L'Ile des Naufragés) qu'il vendait 5 sous à ses auditeurs après ses conférences. On peut dire que pour le monde francophone, L'Ile des Naufragés fut et est encore l'A.B.C. du Crédit Social. L'Ile des Naufragés a été traduite en anglais. Et, aujourd'hui (2004), elle circule à travers le monde, aux millions d'exemplaires, dans plus de huit langues.
Maître J.-Ernest Grégoire Maître J.-Ernest Grégoire était maire de Québec et député de Montmagny, lorsqu'il assista à la mémorable conférence de Louis Even, sur le Crédit Social, à l'Académie Commerciale de Québec, en janvier 1936. Il se lia immédiatement à lui. C'était pour Louis Even un collaborateur de taille. Maître J.-Ernest Grégoire était: Bachelier du séminaire de Sherbrooke; licencié en droit à l'Université Laval de Québec; diplômé en sciences économiques et sociales, licencié en sciences politiques et diplomatiques à l'Université catholique de Louvain, Belgique; diplômé en littérature française à l'Université de Lille, en France; brillant avocat du Barreau de Québec et notaire; professeur d'Economie politique et de droit commercial à l'Académie Commerciale; professeur à la chaire d'enseignement en économie politique à l'Université Laval; professeur d'architecture et d'histoire de l'art à l'école des Beaux-Arts de Québec. Malgré sa brillante culture et son haut-savoir, Maître J.-Ernest Grégoire déclarait à qui voulait l'entendre et en public, qu'il «n'allait pas à la cheville de Louis Even.» Dans une lettre adressée à ce dernier le premier janvier 1961, il écrit: «Tous ceux qui ont appris à vous connaître et qui vous restent fidèles, parce que toujours convaincus de votre science, de votre sincérité, de votre dévouement, de votre esprit de sacrifice, forment avec moi des voeux que la Providence vous conserve encore longtemps au milieu de nous...» Lorsque
Maître Grégoire comprit le Crédit Social, il dit à ses élèves à
l'Université: «Je vous ai enseigné l'erreur, maintenant je vais vous
enseigner la vérité.» Maître J.-Ernest Grégoire fut le grand défenseur
de l'Oeuvre et malgré les affreuses persécutions qu'il dut subir, il y
demeura fidèle jusqu'à sa mort survenue le 17 septembre 1980, alors
qu'il avait 95 ans.
Gilberte Côté arrive Mademoiselle Gilberte Côté, de Montréal, en décembre 1936, prit connaissance d'articles écrits par Louis Even. Elle était alors âgée de 26 ans. Elle étudia la question dans le livre anglais de J. J. Caldwell Money, What is it?. Elle donna une eonférence sur le Crédit Social au Cercle Inter Nos à Montréal en décembre 1930. Et Gilberte Côté entendit la première fois Louis Even en février 1937, à la salle paroissiale de la Nativité d'Hochelaga. Elle était accompagnée de sa mère, madame Rosario Côté, et de son frère Rosaire. C'est ce jour-là, jour mémorable, qu'ils connurent le grand Louis Even. Ils furent ravis de l'entendre exposer de façon si claire et logique la solution à la crise économique qui sévissait alors dans le monde depuis 8 longues années de misère pour les peuples. Madame
Rosario Côté possédait une grande maison, avec un grand salon, sur le
boulevard St-Joseph, à Montréal. Elle invita tout de suite Louis Even
à y venir donner deux conférences au mois de mars suivant. A chaque
fois, vinrent entendre Louis Even, 75 personnes. Cela faisait 150
personnes en tout, qui sortaient de différents milieux. Beaucoup de révérends
Pères. Tous furent enchantés des exposés de ce grand maître en économie,
ce génie qu'était Louis Even, remarquable maître d'école qui le
rendait si facile à comprendre. Gilberte
Côté se fit immédiatement grande collaboratrice de Louis Even. Elle
possédait une formation scolaire très avancée: bachelière ès arts,
licenciée en philosophie et en lettres de l'Université de Montréal,
et diplômée en sciences sociales, économiques et politiques, où elle
avait suivi les cours pour trouver une solution à la crise du temps.
Seul Louis Even a su combler son attente en ce domaine. Voilà pourquoi,
elle s'est lancée avec beaucoup de zèle dans le grand apostolat pour
aider Louis Even. Gilberte
Côté détenait aussi une licence en musique de l'Ecole de Musique de
Chicago du Dr Robert Schmitz. Elle sacrifia cette belle carrière qui
l'attirait tant pour se donner totalement au Mouvement du Crédit Social
lancé par Louis Even. Elle entra définitivement à plein temps sur la route pour l'Oeuvre pendant les froids rigoureux de l'hiver, le 2 janvier 1939. (Gilberte Côté-Mercier est décédée le 21 juin 2002.)
Gérard Mercier Gérard
Mercier fit ses études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis
chez les prêtres du Collège de Lévis. A 25 ans, il travaillait au
bureau des Annales de Ste-Anne de Beaupré, dirigées par les Pères Rédemptoristes. En 1938, rien que pour faire plaisir à un ami, il s'abonna au «Cahiers du Crédit Social» de Louis Even. Un soir, machinalement, avant de se mettre au lit, il prit l'un des «Cahiers» et en commença la lecture. Il a tout dévoré. Le lendemain matin, il était à la porte du bureau des Annales prêchant le Crédit Social. Louis Even le dénommait: «le boulet de feu». 1988, après cinquante années, il est encore au combat, n'ayant rien perdu de son enthousiasme. (M. Mercier est décédé le 4 septembre 1997.) A l'aventure Le 4 septembre 1938, alors que la crise économique était à son apogée, Louis Even quittait son emploi fort rémunérateur pour l'époque, à Garden City Press. Ce fut une très grande renonciation pour lui, car J. J. Harpell a légué, à ses employés, son entreprise qui valait des millions. S'en remettant totalement à la Providence pour pourvoir à ses besoins matériels et à ceux de sa famille, Louis Even avait décidé de se donner à plein temps pour son Oeuvre. La Providence l'a soutenu, son fils, François, déclarait, il y a quelques années, aux journalistes de la télévision, que la famille n'avait jamais manqué du nécessaire. Le porte en porte Louis
Even était armé d'un courage peu ordinaire. Il organisait ses assemblées
en faisant du porte en porte pour inviter les gens, il mendiait ses
repas et couchers. Ce contact direct avec les familles n'avait pas son
pareil pour gagner les gens à la cause. Au porte en porte et après ses
conférences, monsieur Even offrait ses «Cahiers du Crédit Social»,
il les vendait 5 sous, mais il les donnait la plupart du temps, les
familles étaient si pauvres. Mademoiselle Côté possédait la même
audace et le même courage, elle rédigeait les circulaires pour
annoncer les assemblées et elle faisait du porte en porte pour les
distribuer. Souvent elle était obligée de les recommencer 4 ou 5 fois
dans la méme journée, car des adversaires politiciens lui faisaient
perdre les salles qu'elle avait retenues. Le journal Vers Demain En
septembre 1939, la guerre mondiale éclata. Louis Even, très attristé,
mais non vaincu, déclara péremptoirement: «Nous fondons un journal».
C'était le temps le plus mal choisi pour fonder un journal à cause des
mesures de guerre. Mais avec la tête de Breton de Louis Even, tous les
obstacles pouvaient être surmontés. Et Vers Demain vit le jour.
Monsieur Even en était le rédacteur en chef, il demeurait avec sa
famille dans une très petite maison. Sa petite chambre à coucher lui
servait aussi de bureau pour rédiger son journal. Mademoiselle Côté
était l'administratrice. Elle a organisé le bureau de
l’administration de Vers Demain dans la maison de sa mère. Elle
s’occupait de l’inscription des abonnés, de la correspondance et
elle participait à la rédaction du journal, en plus des tournées
d'assemblées et de porte en porte. Il fallut acquérir des machines
d'adressage, des casiers, des machines à écrire, etc... et trouver des
collaborateurs. La plus précieuse fut sa cousine Juliette Lavigne, qui
en plus de tenir le bureau, faisait du grand apostolat les soirs et les
fins de semaine. M. Even l'appelait «la petite Providence». Rosaire
Côté fut 4 années à plein temps, de 1939 à 1943.
Louis
Even et Gilberte Côté, accompagnés de madame Rosario Côté, de
Juliette Lavigne et de Rosaire Côté, donnaient des conférences et
faisaient le porte en porte continuellement à travers le Canada.
Lorsqu'il voyageait en automobile ou en train, Louis Even apportait sa
machine à écrire qu'il plaçait sur ses genoux pour composer des
articles pour Vers Demain. Après les messes, chaque dimanche, les
fondateurs parlaient sur le perron des églises. Ils ont entraîné des
conférenciers et ils les envoyaient tenir des assemblées ici et là et
aux portes des églises, les dimanches, porter la bonne nouvelle d'une
économie d'abondance. L'Institut d'Action Politique Dès
1940, pour promouvoir le journal Vers Demain, Louis Even, pendant qu'il
était hospitalisé, à la suite d'un accident, songea à établir
l'Institut d'Action Politique. Notes
de Louis Even: «Sur Vers Demain s'est greffé l'Institut d'Action
Politique. Et l'Institut propage Vers Demain justement parce que toute
action politique, pour répondre aux exigences du bien commun, aux
aspirations de la personne humaine, doit être basée sur l'étude. Et
les membres de l'Institut travaillent sans récompense matérielle,
parce qu'il ne faut rien moins que des apôtres pour rétablir l'ordre
dans un monde que l'égoïsme a détraqué.» On
fit donc appel dans Vers Demain à des apôtres bénévoles, membres de
l'Institut d'Action Politique dont le rôle était de prendre de
l'abonnement. Le premier à répondre fut Gérard Mercier. Et un grand
nombre d'autres se sont joints, car dès la deuxième année de son
existence, Vers Demain comptait déjà 25 000 abonnés. Vers Demain a des apôtres bénévoles à temps partiel dans toutes les régions. Depuis les tout débuts jusqu'à aujourd'hui, les apôtres locaux, dirigés par un Plein-Temps ou non, se groupent ensemble pour faire le porte en porte. Pendant plusieurs années, les apôtres partaient dès le samedi matin pour aller faire du porte en porte dans différentes localités, toute la journée du samedi, ils couchaient chez les gens; le dimanche matin, après avoir assisté à la messe, l'un d'eux parlait sur le perron de l'église, pendant que les autres distribuaient des journaux Vers Demain et offraient l'abonnement. Ils dînaient dans les familles et faisaient le porte en porte encore tout l'après-midi et ils ne revenaient chez eux que le dimanche soir. C'est grâce à cette croisade de porte en porte si Vers Demain a toujours été bien portant, malgré les odieuses persécutions qu'il a subies. L'enseignement donné dans les familles est très fructueux et après le départ du Pèlerin, Vers Demain, de 16 pages, continue à venir y diffuser l'enseignement 5 fois par an, maintenant. En
plus des multiples assemblées régionales tenues pour stimuler le zèle
des apôtres locaux, et pour enseigner le Crédit Social à la
population, chaque année, depuis les débuts du Mouvement, on organise
un grand congrès général, où la population est invitée. Ce congrès
amène des créditistes de toutes les régions du Canada, des Etats-Unis
et souvent de France, et de Belgique. (Depuis 1991, l'Institut
d'Action Politique s'appelle Institut Louis Even pour la Justice Sociale.) Les apôtres à plein temps
Les
fondateurs firent appel à des Plein-Temps pour les aider. Gérard
Mercier fut encore le premier. Il s'attacha aux deux fondateurs définitivement
en juin 1941. Il
épousa Gilberte Côté le 14 février 1946. Par
la suite, plusieurs autres Plein-Temps se sont joints à l'Oeuvre,
certains pour quelques années, certains pour plusieurs années et
d'autres pour la vie. Ils sont bénévoles. Ils vont dans les régions
tenir des assemblées, faire le porte en porte eux-mêmes tous les jours
en mendiant couchers et repas, et ils organisent les apôtres locaux
pour la croisade de porte en porte en équipe.
Un
propagandiste hors pair, c’est le drapeau blanc, rouge et or qui
flotte sur les automobiles et les maisons des créditistes. Ce beau
drapeau, il fut conçu par Louis Even en 1941. Et c'est dans l'église
du Christ-Roi, de Sherbrooke, qu'il fut bénit avec la chaleureuse
approbation de Son Excellence Mgr Philippe Desranleau, alors évêque du
diocèse de Sherbrooke. En relatant l'événement, Louis Even écrit
dans Vers Demain du 15 septembre 1941: «Nous garderons notre drapeau
blanc de toute souillure». C'est au congrès de Vers Demain de 1949, tenu à Asbestos, que Pierre Bouchard, fervent créditiste d'Arvida, arriva avec des bérets blancs portant l'emblème du drapeau. Le béret fut adopté par les directeurs et tous les créditistes de Vers Demain. Il est devenu l’uniforme des apôtres de Vers Demain. Sous le Signe de l'Abondance En
1946, monsieur Even édita son fameux livre Sous le Signe de
l’Abondance. L’application des principes énoncés dans ce livre
apporterait au monde, la paix et la justice, comme Dieu le veut. Avec la
quatrième édition de 1988, le total imprimé se chiffre à 24 000
exemplaires. L’exposé clair et simple fait bien saisir le Crédit
Social même aux plus humbles. Et le Major Douglas, le génie qui
inventa le Crédit Social, affirmait que c’était Louis Even qui avait
le mieux compris et exprimé sa pensée. Louis
Even édita aussi d’autres brochures : Qu’est-ce que le vrai
Crédit Social?, Les taxes sont un vol, Une finance saine
et efficace. Le journal anglais En
1953, pour rejoindre l’élément anglais, Louis Even fonda le journal Social
Credit dont le titre fut changé pour celui de Michael en
1973. Il est encore publié sous ce titre en 2004. (Un journal en
polonais s’est ajouté en septembre 1999, puis un journal en espagnol
en avril 2003.) Radio-télévision En continuant toujours leur travail intense d’apostolat, par les assemblées, le porte en porte et l’édition des deux journaux, français et anglais, Louis Even ou Gilberte Côté-Mercier donnait des conférences, toutes les semaines, pendant un quart d’heure, sur les ondes de 33 postes de radio et de 11 postes de tlévision à travers le Canada, de 1958 à 1964 pour la télévision, et jusqu’en 1969 pour la radio. Ces émissions étaient payées par des bienfaiteurs. Mais comme l’immoralité était devenue reine dans ces lieux, nos directeurs cessèrent ces conférences, pour mettre plutôt leurs efforts sur l’œuvre des circulaires.
Les Pèlerins de saint Michel Louis
Even a toujours eu une très grande dévotion envers saint Michel.
C’est pourquoi, en 1961, il plaça son Mouvement sous la protection
particulière du grand Achange en attribuant le titre de «Pèlerins de
saint Michel» aux apôtres de l’Oeuvre. La Maison Saint-Michel Madame
Rosario Côté logea gratuitement dans sa maison, pendant 25 années,
les bureaux de Vers Demain. Comme l’Oeuvre se développait, il fallait
songer à des locaux plus spacieux. On acheta un terrain à Saint-Michel
de Rougemont. On fit appel à des travailleurs bénévoles. Et c’est
Dollard Leclerc, entrepreneur en construction, alors alors à plein
temps dans l’Oeuvre, qui dirigea les travaux, sous l’œil réjoui de
Louis Even et sous la compétente administration de madame Gilberte Côté-Mercier.
Décembre 1962, Louis Even entrait dans son château-fort dédié à
saint Michel, avec son équipe, pour continuer la lutte aux financiers.
Son épouse venait de décéder au début du mois. Elle fut inhumée
dans le cimetière de Rougemont. La maladie En
1965, Louis Even fut terrassé par une grave maladie qui le retint au
lit pendant trois longs mois. Il avait 80 ans. Gilberte Côté-Mercier
le déchargea de la rédaction du journal et s’en chargea elle-même,
malgré ses multiples autres occupations. Une fois rétabli, Louis Even
continua à fournir des articles pour Vers Demain et à aller donner des
conférences à travers le pays. En France En
1968, après 65 ans d’exil, si on peut dire, Louis Even, à 83 ans,
retournait en France, pour la première fois, non pas en touriste, mais
pour y accomplir une tournée de conférences et aller porter la lumière
du Crédit Social à ses compatriotes. Il était accompagné de madame Côté-Mercier
et de Gérard Mercier. Une grève générale les empêcha de tenir leurs
assemblées. Ils y retournèrent en 1969. Et cette fois, un noyau créditiste
a été établi en France, et il s’est bien développé au fil des années. Au Brésil En
avril 1970, âgé de 85 ans, Louis Even et ses deux précieux
collaborateurs prenaient l’avion pour aller semer le Crédit Social au
Brésil. Une presse Depuis
1939, le journal Vers Demain était imprimé par des imprimeurs
commerciaux. En 1964, on avait bien acheté une petite presse pour
imprimer quelques milliers de circulaires de 9 par 12 pouces. En 1972,
Louis Even et les autres directeurs se rendirent à New-York en vue
d’acquérir une presse qui pourrait imprimer des quatre-pages de Vers
Demain. Ce qui permit de multiplier les pages de Vers Demain par
millions pour les expédier gratuitement à travers le monde à ceux qui
s’inscrivaient distributeurs. En rergardant sa nouvelle acquisition,
Louis Even dit : «Ce n’est pas demain que nous pourrons imprimer
des millions d’exemplaires comme à l’imprimerie de saint Maximilien
Kolbe». Mais, depuis, l’Oeuvre a imprimé et expédié des millions
et des millions de quatre-pages de Vers Demain, allant semer la
lumineuse idée du Crédit Social à travers tous les continents, en
Afrique, en Europe, en Asie, aux Philippines, aux Etats-Unis, etc… Ce
fut le début de l’imprimerie. Quelques années plus tard, on acquit
une composeuse, une caméra et une grosse presse pouvant sortir 16 pages
à la fois et, depuis les journaux «Vers Demain» et «Michael» (en
français, anglais, polonais et espagnol), ainsi que les millions de
suppléments de quatre-pages de Vers Demain, sont rédigés et imprimés
par les apôtres bénévoles, à la Maison Saint-Michel. Vie religieuse Le
14 juillet 1972, à la demande de Louis Even, les «Pèlerins de saint
Michel» eurent le bonheur de se voir accorder par leur évêque, S. E.
Mgr Albert Sanschagrin, alors évêque de Saint-Hyacinthe, la permission
de conserver le Saint-Sacrement dans leur chapelle de la Maison
Saint-Michel et d’y faire célébrer la sainte messe. De bons Pères
Oblats sont chargés de ces services religieux. En plus d’assister à
la sainte messe tous les jours, suivant la coutume établie par Louis
Even, les Pèlerins récitent aussi quotidiennement le rosaire (trois
chapelets) en entier, l’Angelus et le chapelet de saint Michel. En
1975, on construisit la Maison de l’Immaculée, encore avec des
travailleurs bénévoles, sous la compétente direction de Fernand
Morin. S. E. Mgr Sanschagrin a daigné venir lui-même bénir la
chapelle. 1974, le grand départ Après
une vie toute dévouée au service de Dieu et des autres, Louis Even
s’est éteint à l’âge de 89 ans et 6 mois, le 27 septembre 1974,
pour aller fêter au Ciel, deux jours plus tard, le 29 septembre, le
grand archange saint Michel, patron de son Œuvre. Louis
Even fut l’homme qui changea le cours de notre vie. Nous lui rendons
un hommage ému, et nous continuons son Œuvre. Que non seulement le Crédit
Social, mais aussi la vie du grand Louis Even soit une lumière pour
tous. Thérèse Tardif De retour à Qui sommes-nous De retour à la page d'accueil de Vers Demain |